Charles Sapin a fini par déposer les armes. Depuis son recrutement fin août comme éditorialiste politique sur France Inter, le directeur adjoint de la rédaction de "Valeurs actuelles" est visé par une fronde du personnel de la station publique, qui exige son retrait de l'antenne. Plusieurs journées de mobilisation ont été organisées par les syndicats pour protester contre la décision de maintenir à l'antenne le journaliste. Une solution avait même été proposée par la direction pour calmer cette grogne des salariés : transformer son édito hebdomadaire en un débat, auquel Charles Sapin participerait chaque dimanche face à des contradicteurs. Mais, cette suggestion n'a convaincu ni l'ensemble des employés, ni le concerné.
Ce samedi 19 septembre, l'éditorialiste a annoncé sur les réseaux sociaux la suppression de son rendez-vous dominical sur la première radio de France. "La direction de France Inter vient de m’annoncer la suppression de mon édito hebdomadaire sur ses antennes", écrit-il en préambule avant de partager son ressenti sur cette décision qu'il regrette amèrement. Dans un long texte titré "France Inter, écoutez la différence", Charles Sapin sort du silence, qu'il s'était imposé, pour commenter ces trois longues semaines, "où s(m)on nom, s(m)on intégrité professionnelle, s(m)on travail et s(m)on journal ont été diffamés". "Ce cercle vicieux-là, je refuse d’y entrer", écrit le journaliste du magazine d’extrême droite, qui dénonce une supposée "mécanique de disqualification [qui] nourrit précisément la polarisation que ses promoteurs prétendent déplorer".
Il blâme la fragilité de son employeur, pas suffisamment armée pour le soutenir. "Je regrette que la direction de Radio France, face à cette dérive, ait décidé d’ainsi rendre les armes. Face à ces syndicats et artistes qui démontrent, une fois de plus, l’ampleur de leur ouverture d’esprit et leur sérénité face à l’idée de souffrir 0,025% de temps d’antenne dissonant", déplore-t-il, après avoir fustigé les syndicats opposés à son arrivée sur le service public. Charles Sapin confirme également avoir refusé la proposition de débat solutionné par l'état-major de Radio France. Son aventure radiophonique reste néanmoins en suspens puisque la recrue estivale ne s'est pas étendue sur le sujet.
À la suite de cette annonce, Radio France a réagi via un communiqué, lui aussi, partagé sur les réseaux. "Nous prenons acte de la décision de Charles Sapin. Ce n’est une victoire pour personne", peut-on lire, avant d'y consulter un rappel de sa charte éditoriale. "Conformément à nos obligations et missions de service public, France Inter continuera d’être un lieu de dialogue reflétant la diversité des sensibilités, notamment durant la campagne présidentielle".