La rentrée a démarré sur France Inter, et c'est déjà la soupe à la grimace. La patronne de la station, Céline Pigalle, doit déjà gérer les retombées de la tribune de Thomas Legrand, mécontent d'avoir été écarté des grilles de ce début de saison. À ce règlement de comptes vient s'ajouter la révolte de la rédaction à la suite du recrutement de Charles Sapin en tant qu'éditorialiste au sein de la radio. Directeur adjoint de "Valeurs actuelles", le journaliste politique a été signé pour intervenir le dimanche matin, dans la matinale menée par Eva Roque. La même tâche sera assurée le vendredi par la journaliste de "L’Express" Anne Rosencher, et le samedi par Camille Vigogne, journaliste au "Nouvel Obs".
Mais c'est la nomination du premier nommé qui offusque le SNJ-CGT de Radio France, lequel s’est fendu d’un communiqué, ce jeudi 27 août, pour contester cette décision. "Valeurs actuelles, organe de l’extrême droite multi-condamné, est donc invité à envoyer l’un de ses 'journalistes' sur l’antenne de la première radio de France, sur le service public", déplore le syndicat, pointant du doigt les récentes controverses de l'hebdomadaire. Le titre a notamment été condamné en 2024 pour injure raciste envers la députée La France insoumise Danièle Obono, caricaturée en esclave.
Si les signataires de ce texte rappellent que "France Inter n’est pas une radio de gauche" et qu'elle respecte la pluralité des opinions au sein de ses émissions, ils estiment aussi que "les injures racistes de Valeurs actuelles sont un délit, la nostalgie de Vichy du révisionisme, la préférence nationale une entorse à la Constitution". Selon eux, aucun compromis ne peut être trouvé : "Charles Sapin n’a donc rien à faire sur France Inter".
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La direction de la première station de France se défend de ce choix et invite les journalistes du groupe à "regarder la photo d'ensemble". Elle affirme que France Inter doit pouvoir être "un lieu où on se parle et où on accepte tous les points de vue et opinions", tout en précisant avoir "la garantie, avec un profil comme Charles Sapin, qu’il n’y aura pas de propos discriminants ou de dérapage à l’antenne".
Mais ce dernier argument ne trouve pas écho favorable auprès du syndicat. "La direction de France Inter nous fait honte. Elle fait honte à ses salarié·es, à l’audiovisuel public et aux auditeur·ices", conclut le communiqué, qui appelle à organiser une assemblée générale "au plus vite" pour "décider de la conduite à tenir face à cette ligne rouge inacceptable franchie par la direction".