Des manifestants après la mort d'Yvan Colonna, battu à mort en prison en 2022© BestImage
"À travers le destin d’un militant clandestin de la lutte armée, la mini-série 'Colonna, une tragédie corse' raconte par la voix des protagonistes de cette histoire 60 ans de malentendus entre la Corse et Paris", résume le communiqué de presse de France Télévisions annonçant la diffusion, ce 9 juin, de ce documentaire en trois parties. Créé par la réalisatrice Agnès Pizzini et la reporter du "Monde" Ariane Chemin, cette plongée dans l'affaire de l'assassinat du préfet Claude Érignac à Ajaccio en 1998 tente d'en retracer ses points principaux en évitant les écueils du "regard parisien" et du "regard militant". "Sur la Corse, les récits sont souvent très polarisés. Nous avons essayé d'occuper une place différente : celle de l'écoute et de la compréhension", a ainsi affirmé au site du CNC Ariane Chemin.
Pour retracer l'histoire d'Yvan Colonna, mort en 2022 des suites d'une agression en prison, Agnès Pizzini et Ariane Chemin ont choisi de découper leur documentaire en trois parties, qui seront toutes diffusées ce soir : "Le militant", "Le coupable" et "Le symbole". Pour répondre à ces trois angles, les réalisatrices de "Colonna, une tragédie corse" ont échangé avec de nombreux témoins, parmi lesquels Nicolas Sarkozy, qui était ministre de l'Intérieur à l'époque où Yvan Colonna avait été arrêté; le père de ce dernier, Jean-Hugues Colonna, décédé peu après le tournage de la série documentaire ou encore des proches du militant corse.
Le berger de Cargèse avait été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en 2012. Les deux réalisatrices ont pourtant choisi de ne pas évoquer dans leur série-documentaire la question de la culpabilité d'Yvan Colonna. "On voulait raconter que c’est quand même une histoire de grande incompréhension depuis cinquante ans", a expliqué à "20 Minutes" Agnès Pizzini. "Nous, nous n’allions pas revenir sur la culpabilité d’Yvan Colonna qui avait été jugé par trois fois comme étant membre du commando qui avait participé à l’assassinat du préfet Claude Érignac. On avait envie de donner les clefs pour comprendre simplement cette histoire qu’on a rendue aussi très complexe", a abondé sa consœur Ariane Chemin. "J'aimerais que les spectateurs comprennent que comprendre n'est pas excuser, mais que c’est important. Comprendre les mécanismes qui ont conduit à cette histoire ne revient pas à justifier la violence. C'est simplement essayer de regarder les choses avec davantage de complexité", avait-elle ajouté, dans l'entretien au site du CNC.

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