Malgré la période estivale, et la trêve de certains programmes, "Echappées Belles" répond présent. France 5 a gardé ses bonnes habitudes de l'année en programmant l'émission d'évasion tous les samedis soirs en prime time. Qu'ils soient inédits ou rediffusés, les numéros du format présenté en alternance par Sophie Jovillard, Jérôme Pitorin et Ismaël Khelifa attirent presque à chaque fois un million de voyageurs. La chaîne du service public parvient régulièrement à coiffer des concurrentes plus imposantes, M6 notamment, grâce à cette émission qui s'apprête à célébrer ses vingt ans d'existence à l'antenne. Tout en se renouvelant grâce à la liste infinie de destinations qui font de l'oeil aux animateurs, tout férus de voyages et de rencontres.
Ces derniers ont leur mot à dire sur les lieux retenus pour les tournages de futurs numéros. Tous les collaborateurs du magazine sont en effet sondés pour lister une sélection d'endroits rêvés, à partir de laquelle les équipes de production vont pouvoir se pencher. "On établit une liste idéale qu'on affine, sachant que l'on a 35 émissions de 90 minutes à tourner entre début septembre et fin juin de chaque année dont 18 en France", indique dans "Télé 7 Jours" Alain Goury, producteur exécutif d'"Echappées Belles" depuis son lancement. Les points de chute sont ensuite répartis entre les trois animateurs "historiques", selon leurs préférences et leurs domaines de compétence.
Une fois sur place, les incarnants sont escortés par trois à quatre personnes : un caméraman qui les suit de partout pour filmer leur séjour, un assistant qui enquête en amont et défriche le chemin pour faciliter la tâche du binôme, et un journaliste reporter d'images, parfois accompagné d'un assistant, qui réalise les différents reportages avec les voix off. Cette partie, sous-estimée à l'écran, représente plus de la moitié du temps d'antenne (50 minutes sur les 90).
En deux décennies d'émissions, les globe-trotteurs ont offert un regard unique sur le monde, avec près de 150 pays et territoires traversées. Pourtant, le dernier record d'audience concerne un département français avec l'épisode consacré aux Deux-Sèvres et son 1,5 million de curieux en mars 2021. Preuve que le magazine ne s'interdit aucune destination, à une nuance près. "Il faut bien comprendre qu''Echappées Belles' n'est pas une émission politique mais de découverte. Nous allons là où tout le monde a la possibilité d'aller", soutient Alain Goury, en prenant l'exemple de l'Arabie Saoudite, de la Chine ou des îles Féroés pour y poser leurs caméras. "Mais nous n'irons pas en Corée du Nord qui reste un pays fermé au tourisme", assure-t-il. La question du bilan carbone se pose également, et il n'est pas sûr que l'Australie ou la Nouvelle-Zélande figurent au menu des prochaines escapades des "touristes professionnels"