Lundi 9 septembre, à 19h50, l'Élysée a officialisé la nomination de Sébastien Lecornu au poste de Premier ministre. Le ministre des Armées depuis 2022 succède ainsi à François Bayrou, démissionnaire à la suite de sa destitution, et devient le septième chef du gouvernement sous la présidence d'Emmanuel Macron, le cinquième depuis le début de son second quinquennat. Sur les chaînes d'information, la course à la réactivité a battu son plein : CNews, BFMTV, LCI et même "Tout beau tout n9euf" sur W9, où Cyril Hanouna a annoncé le nom dès 19h47, se sont précipitées pour relayer l'actualité. Mais sur TMC, le plateau de "Quotidien" semblait vivre dans une bulle parallèle.
À 19h24, Julien Bellver lançait sa chronique "19h30 Médias", revenant sur la démission de François Bayrou et les spéculations autour de son successeur. Paul Gasnier et Jean-Michel Aphatie prenaient ensuite le relais, ce dernier citant Emmanuel Macron, Olivier Faure… et Sébastien Lecornu parmi ses "trois figures du jour", tout en précisant : "On a pris Lecornu mais on aurait pu en prendre d'autres". Pendant ce temps, les chaînes d'info annonçaient déjà la nomination. À 19h55, Yann Barthès interrogeait encore son expert Gilles Finchelstein sur "le bal des prétendants". "Si Emmanuel Macron nommait d'ici jeudi Sébastien Lecornu, ça serait une surprise", affirmait l'expert, aussitôt contredit par les faits.
La séquence n'a pas échappé aux Internautes, qui se sont moqués du décalage. "Cruauté du time delay : Yann Barthès dans 'Quotidien' analyse sur son plateau 'le bal des prétendants' à 20h05 alors que Sébastien Lecornu est nommé depuis 15 mn au poste de Premier ministre", a ironisé le journaliste Thierry Moreau sur X à 20h16. "Son invité Gilles Finchelstein explique: 'ce serait une vraie surprise si le président nommait rapidement, jeudi, Sébastien Lecornu'… Oups !"
À l'antenne, Yann Barthès a poursuivi son déroulé. De 20h10 à 20h25, il recevait Arthur Mensch, cofondateur de Mistral AI, pour un entretien consacré à l'intelligence artificielle. Ce n'est qu'à 20h30, soit avec 40 minutes de retard sur les chaînes info, qu'il a finalement officialisé la nouvelle : "On va marquer une pause, Sébastien Lecornu est Premier ministre depuis 30 minutes et Jean-Michel nous en parle quand on revient." Quelques minutes plus tard, il reprenait le fil avec humour : "Ça y est, pour une fois Emmanuel Macron a été rapide, Sébastien Lecornu a été nommé Premier ministre il y a un peu plus d'une demi-heure."
Ce "raté" s'explique par le fonctionnement même de l'émission, diffusée en "time delay". Contrairement aux talk-shows en direct, "Quotidien" est enregistré environ dix minutes en amont. "Quand l'émission commence à 19h20, pour nous il est 19h10. Donc il y a 10 minutes de 'delay' entre ce que nous on vit et ce que les téléspectateurs voient", avait rappelé Yann Barthès en mars 2024 devant la commission d'enquête parlementaire sur l'attribution des fréquences TNT. "Je pense que c'est la chose la plus intéressante pour la maîtrise de l'antenne puisque par exemple on a eu une invasion de plateau et ça ne s'est jamais vu."
Ce mardi, le décalage était probablement encore plus long. La méthode est connue : l'équipe s'installe dès 17 heures dans son studio parisien, répète, ajuste, puis enregistre à partir de 19h10. L'épisode est ensuite diffusé avec une vingtaine de minutes de décalage. Sur son site, la société Bangumi précise d'ailleurs aux personnes qui voudraient venir dans le public que l'émission est "totalement enregistrée et n'est pas diffusée en direct". Enregistrée certes, mais bien "dans les conditions du direct", avait précisé Yann Barthès à Puremédias dès 2018. "Si on pouvait retoucher, on se ferait moins chier !", plaisantait-il. Cette organisation, pensée comme un filet de sécurité, a déjà évité des débordements mais présente son revers : une perte de réactivité quand l'actualité s'emballe.
La soirée de lundi a par ailleurs été perturbée par des soucis techniques. Visiblement gêné, l'animateur a demandé à plusieurs reprises à ce que le retour dans son oreillette soit coupé, avant de l'enlever définitivement. De quoi donner des munitions à Cyril Hanouna, qui, alors encore sur C8, s'était moqué de Yann Barthès le qualifiant de "marionnette d'un système", lui reprochant de s'appuyer sur ses notes, un prompteur et une oreillette connectée avec la régie pendant sa présentation.
La question du time-delay s'était d'ailleurs posée pour l'arrivée de Cyril Hanouna à la présentation de "Tout beau tout neuf" sur W9, alors que les sociétés des journalistes de RTL et M6 avaient exprimé des craintes liées aux polémiques ayant conduit à la fermeture de C8. Malgré les "garde-fous" promis par M6 (pas de fake news, pas de politique, pas d'attaques personnelles), l'émission a rapidement pris des allures de "TPMP" bis. Sur les 22 chroniqueurs présentés début septembre 2025, la moitié venait déjà de C8, et dès la première, le plateau s'est enflammé sur les propos de François Bayrou tenus la veille, enterrant la promesse d'éviter la politique.

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