Arte rend en hommage à Jean-Paul Rappeneau. Alors que le réalisateur vient de disparaître à l'âge de 94 ans, Arte annonce ce mercredi une modification de sa programmation ce dimanche soir. La chaîne franco-allemande diffusera finalement "Bon voyage", l'un de ses films les plus populaires, dimanche 6 septembre à partir de 21 heures. Le long métrage est également disponible dès ce mercredi sur arte.tv. Initialement prévu le film "Le Cardinal", réalisé par Otto Preminger, est donc déprogrammé et sera "proposé ultérieurement" à une date qui n'a pas encore été communiquée.
Sorti en salles en 2003, "Bon voyage" marque le retour de Jean-Paul Rappeneau derrière la caméra après huit années d'absence. Pour cette comédie d'aventures, le cinéaste plonge les spectateurs en juin 1940, au moment où la France s'apprête à subir l'invasion allemande. Dans le chaos de la débâcle, Viviane Denvers, une vedette de cinéma, appelle à l'aide Frédéric, son ancien amour. Celui-ci découvre chez elle le corps sans vie d'un homme, après une mystérieuse chute. Sous la pression de Viviane, il accepte de faire disparaître le cadavre. Mais son périple prend rapidement une tournure rocambolesque. Sur la route, sous une pluie battante, Frédéric provoque un accident. Le coffre de sa voiture s'ouvre alors, révélant sa macabre cargaison. Accusé d'un meurtre qu'il n'a pas commis, il se retrouve embarqué dans une course contre la montre alors que la Wehrmacht marche sur Paris.
Pour son grand retour, Jean-Paul Rappeneau s'était entouré d'un prestigieux casting, avec notamment Isabelle Adjani, Gérard Depardieu, Virginie Ledoyen, Yvan Attal, Grégori Derangère et Peter Coyote. Le scénario était cosigné par le réalisateur et l'écrivain Patrick Modiano.
Avec "Bon voyage", Jean-Paul Rappeneau retrouvait le registre qui a largement contribué à sa réputation : celui d'un cinéma populaire, romanesque et extrêmement rythmé. Malgré l'ampleur de la reconstitution historique et les importants moyens mobilisés pour faire revivre la France de 1940, le réalisateur privilégiait la vivacité du récit et le plaisir du spectacle.
Le réalisateur, auquel on doit notamment "La Vie de château", "Les Mariés de l'an II", "Le Sauvage", "Cyrano de Bergerac" ou encore "Le Hussard sur le toit", avait construit au fil des décennies une filmographie marquée par les grandes fresques romanesques, les dialogues ciselés et un sens aigu du mouvement .Le cinéaste est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.