Au début du mois de septembre, Sarah Saldmann tournait la page CNews et de la galaxie Bolloré. Dans un communiqué, la célèbre avocate et intervenante régulière de l'antenne depuis 2021 expliquait sa "décision mûrement réfléchie" de quitter un média, dans lequel la marque identitaire "Frontières" prenait une place croissante. "L'importance prise aujourd'hui par le média 'Frontières' m'amène à faire des choix cohérents avec mes convictions, mes priorités et la suite que je souhaite donner à mon parcours", soulignait celle qui s'était plusieurs fois opposée à Pascal Praud les dernières semaines avant son départ.
Au contraire, Gauthier Le Bret se satisfait de l'entrée de son employeur au capital (à hauteur de 25%) du média fondé par Erik Tegnér. Présentateur de l'émission "100% politique", le journaliste s'est vu confier une seconde plage horaire quotidienne avec "100% Frontières", diffusée en direct du lundi au vendredi de 11 heures à 13 heures. Un rendez-vous dans lequel l’ancien protégé de Pascal Praud assume son franc-parler et son engagement dans les débats. Ce qui a valu à son incarnant les critiques de Sarah Saldmann puis sa réorientation professionnelle.
Dans "Le Buzz TV", il ne regrette pas le départ de son ancienne collègue, qui manifestait depuis un moment des véléités contre la ligne éditoriale de CNews. "Elle a voulu partir, au moins, elle est en adéquation avec ses idées", affirme Gauthier Le Bret. Il se souvient de l'une de ses interventions amenées à faire dégoupiller Pascal Praud : "C’est vrai qu’elle avait décidé, dans 'L’Heure des pros 2', de citer dix fois 'Frontières' en l’espace de cinq minutes pour faire une séquence et pour évidemment provoquer la réaction de Pascal. Elle citait 'Frontières' à chaque phrase'".
Le journaliste a vu clair dans son jeu -"on n'est pas des lapins de trois semaines" dit-il-, et estime cette évolution à la participation de Sarah Saldmann au documentaire "Au boulot !", réalisé par François Ruffin et Gilles Perret, en octobre 2024. "Elle a beaucoup changé d’idées, Sarah, par rapport à l’image qu’elle avait dans les “Grandes Gueules” où elle jouait la bourgeoise insupportable, avec plein d’argent, où l’homme payait tout, la princesse", commente le trentenaire. Pour lui, l'avocate parisienne a "voulu changer d'image" et se détacher des idées véhiculées par le canal 14 de la TNT. "Donc elle a fait le film de Ruffin et après, elle a joué une autre image sur CNews. C’est-à-dire qu’elle était en permanence contre Pascal, alors qu’elle abondait dans son sens deux mois plus tôt. Et après, elle a voulu s’attaquer à Frontières", juge Gauthier Le Bret. Il ne regrette pas son envol pour d'autres horizons. "C’est son choix, elle part, très bien, bon vent", conclut-t-il.
