L’Eurovision fête cette année sa 70e édition à Vienne, en Autriche. Mais derrière les paillettes, les performances démesurées et les hymnes pop, cette édition 2026 est marquée par une crise diplomatique sans précédant, après trois années sous tension.
Le plus célèbre concours de chansons d’Europe s’ouvre ce mardi 12 mai dans un contexte international particulièrement tendu. Cette édition réunit en effet seulement 35 pays jusqu’à la grande finale du samedi 16 mai. Un chiffre inhabituellement bas pour le concours, qui rassemble habituellement plus de quarante délégations.
En cause : le boycott décidé par cinq pays européens pour protester contre le maintien d’Israël dans la compétition malgré la guerre menée à Gaza depuis les attaques du 7 octobre 2023. L’Espagne, les Pays-Bas, l’Islande, la Slovénie et l’Irlande ont tous choisi de se retirer cette année.
Mais tous n’ont pas adopté la même stratégie. Les diffuseurs néerlandais et islandais continueront malgré tout à retransmettre l’événement. À l’inverse, les télévisions publiques espagnole, irlandaise et slovène ont annoncé qu’elles ne diffuseraient pas la finale de l’Eurovision.
La Slovénie a choisi l’option la plus politique. Le groupe audiovisuel RTV Slovenija remplacera la retransmission du concours par une programmation spéciale baptisée "Voix de Palestine", composée de documentaires et de films palestiniens. "Nous ne diffuserons pas l’Eurovision. Nous projetterons la série de films Voix de Palestine", a expliqué Ksenija Horvat, directrice du diffuseur slovène.
En Espagne, la RTVE diffusera à la place un grand programme musical célébrant les 70 ans de la télévision publique espagnole. "RTVE rend hommage à cet héritage et se tourne vers l’avenir à travers un nouveau numéro spécial de ‘La Casa de la Musica’", a indiqué la chaîne, qui ne retransmettra pas le concours pour la première fois depuis 1961. Du côté irlandais, la chaîne publique RTE a opté pour une réponse plus ironique en programmant un épisode culte de la sitcom "Father Ted", dans lequel deux prêtres participent à un concours de chant international.
Ce boycott inédit dépasse largement les seuls diffuseurs publics. Plus d’un millier d’artistes et groupes ont appelé à boycotter l’événement, parmi lesquels Peter Gabriel, Massive Attack, Brian Eno, Macklemore ou encore Roger Waters. Amnesty International soutient également cette mobilisation. Des manifestations pro-palestiniennes mais aussi pro-israéliennes sont prévues toute la semaine dans les rues de Vienne.
Face à la polémique, l’Union européenne de radio-télévision tente d’apaiser les tensions. "Cinq membres de notre famille manquent cette année, nous les aimons et nous espérons qu’ils reviendront", a déclaré Martin Green, directeur de l’Eurovision, lors d’une conférence de presse.
Israël reste malgré tout bien présent dans la compétition. Son représentant, Noam Bettan, qui possède aussi la nationalité française, participe à la première demi-finale sous haute sécurité. Le chanteur fait parti des favoris, alors même la délégation israélienne s’est faite épingler : Martin Green, a indiqué avoir demandé le retrait immédiat de vidéos promotionnelles appelant à voter “dix fois” pour le représentant israélien.

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