Evelyne Thomas : "Je n'ai pas eu un parcours facile"

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Evelyne Thomas : "Je n'ai pas eu un parcours facile"
Evelyne Thomas
Evelyne Thomas © Abaca
L'animatrice revient sur Chérie 25 ce lundi 2 novembre à 17h pour animer une nouvelle version de "C'est mon choix" en quotidienne.

Evelyne Thomas fait son grand retour à la télévision ! L'animatrice de 51 ans revient ce lundi 2 novembre sur Chérie 25 (groupe NRJ) aux commandes d'un remake de "C'est mon choix", l'émission culte qu'elle a animée de 1999 à 2004 sur France 3. Rencontrée par puremedias.com, Evelyne Thomas évoque les changements apportés à cette nouvelle version de l'émission testimoniale l'ayant rendue célèbre. Elle revient aussi sur sa traversée du désert après l'arrêt brutal du programme sur France 3 en 2004 et rend hommage à Jean-Luc Delarue, le producteur historique de "C'est mon choix".

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Propos recueillis par Benjamin Meffre.

puremedias.com : Dans quel état d'esprit êtes-vous à l'approche de votre grand retour à la télévision ?
Evelyne Thomas
: Excitée, fébrile et un peu angoissée. Il y a beaucoup d'attente et de fantasmes sur cette émission. Ca a été une émission "culte" en son temps : critiquée, adorée. Beaucoup disent : "On ne pourra pas refaire 'C'est mon choix'". D'autres : "On doit refaire 'C'est mon choix'". Voilà, on est en train de le refaire. On verra bien ce qui se passe...

Pourquoi accepter de revenir à la télévision, vous qui aviez décidé d'arrêter définitivement ?
Ca s'est fait comme ça... J'ai reçu un coup de fil. Je n'étais pas du tout dans ce trip-là. J'étais en Corse. Je n'y ai pas cru. Et après j'ai compris que ça n'était pas une blague. Et je me suis dit ensuite que c'était culotté qu'un producteur (Reservoir Prod, ndlr) refasse cette émission avec l'animatrice historique, qu'une chaîne le fasse en le voulant autant. Tout d'un coup c'est devenu une évidence : il fallait que je dise oui. Je ne sais pas pourquoi. C'était le bon moment tout simplement. Tout paraissait logique. J'ai eu à nouveau envie.

"Les planètes se réalignent"

L'alignement des planètes en somme...
Oui, c'est Thomas Valentin qui me disait ça il y a deux ans et demi quand je faisais ma tournée des popotes et rencontrait des producteurs et des chaînes avec qui j'avais envie de travailler. Il m'avait dit : "Il faut continuer à t'accrocher. Tes planètes vont se réaligner". Quand on a envie de travailler et qu'on ne travaille pas, quand on a une petite fille à élever, ce n'est pas évident. On se dit : "J'aimerais bien qu'elles s'alignent, là, ces planètes". Voilà, les planètes se réalignent. Jusqu'à quand ? Je n'en sais rien. On verra.

Ca fait dix ans que l'émission s'est arrêtée. Qu'allez-vous changer par rapport à l'ancienne version ?
Ce qui ne change pas, c'est la mécanique. C'est un public qui s'exprime, qui donne son avis. Et puis des témoins qui viennent affirmer leur choix dans une ambiance décontractée, avec beaucoup d'humour, de dérision et d'auto-dérision. J'ai moi aussi changé, évolué. Je suis plus mature. Je me lâche plus. Je m'en suis rendu compte lors des premiers enregistrements.

Comment s'est passée la première émission ?
C'est comme le vélo, ça ne s'oublie pas ! Je suis repartie comme en 14. Je me suis éclatée sur le plateau. J'ai pris vraiment beaucoup de plaisir à faire l'émission, à retrouver les témoins. Je les ai trouvés très frais, très vrais alors même que la télé a changé. Les anonymes se sont accaparés les plateaux avec la télé-réalité. Là encore, tout était tellement naturel, comme dans la vraie vie. Il y avait une grande liberté.

"Je n'ai aucune prétention à surprendre"

Quelles modifications allez-vous apporter à l'émission ?
Les thèmes tout d'abord. Il y a ceux qui restent mais aussi les nouveaux, liés à l'évolution de la société. Les réseaux sociaux par exemple qui ont envahi notre vie et n'existaient pas à l'époque de la première version de "C'est mon choix". On ne s'interdit rien par ailleurs. C'est d'ailleurs la force du talk-show. Dans une télé très normée, très formatée, c'est une sacrée liberté.

Comment espérez-vous surprendre après 20 ans d'émissions testimoniales à la télé ?
Je n'ai aucune prétention à surprendre. Je pense que c'est quand on veut surprendre qu'on ne surprend pas. C'était vrai il y a quinze ans et ça l'est toujours.

Pourtant, "C'est mon choix" a surpris à sa naissance. Par les thèmes traités, le ton...
Oui, mais on ne l'a pas cherché. C'était en nous. On s'amusait. On faisait les thèmes qui nous plaisaient. On s'inspirait de notre propre vie et on avait la liberté de faire l'émission qu'on voulait. Là, c'est la même chose.

Est-ce que ça sera plus léger qu'avant ?
Oui, ça correspond à une tendance de la société aujourd'hui. On n'a pas envie de se prendre la tête en regardant la télévision. La télévision, ce n'est que de la télévision.

"Je faisais souvent "C'est mon choix" chez moi avec des copines"

Vous reprenez la formule de Cyril Hanouna là ?
C'est plutôt lui qui la reprend. Ca fait longtemps que je le dis. Il a tout à fait raison d'ailleurs. A l'époque, il venait d'ailleurs souvent sur le plateau de "C'est mon choix". Je m'éclate à le voir maintenant alors que je l'ai connu bébé à "C'est mon choix". Il s'éclate sur son plateau. J'espère que ça va durer pour lui. Quand je le vois se marrer comme un gamin à s'émerveiller de tout, j'adore ! C'est communicatif et c'est pour ça que son émission marche. Tant qu'il a ça, ça va marcher. J'aime voir ça.

Est-ce que la légèreté de la nouvelle version est un moyen de se démarquer de "Toute une histoire", la principale émission testimoniale du PAF également produite par Réservoir Prod ?
Non, il n'y a pas de volonté de se démarquer. Reservoir Prod produit les deux émissions. On va se partager les domaines. Il y a de la place. Ca correspond de toute manière à une envie que j'ai d'être dans le talk-show léger à la Ellen DeGeneres que j'adore. Je n'ai pas la prétention d'être Ellen DeGeneres mais je voudrais être dans un ton entre Oprah Winfrey et Ellen DeGeneres.

Vous vous inspirez beaucoup des Etats-Unis. Comme lorsque vous avez importé le relooking en France avec "C'est mon choix" justement ?
Ce sont les Américains qui l'ont inventé. Les Américains m'ont appris le relooking car ils produisaient mon talk-show "Evelyne" sur TF1 en 1996. Quand Jean-Luc Delarue m'a appelée pour "C'est mon choix", je lui ai dit qu'il fallait absolument faire du relooking. Personne ne savait ce que c'était à l'époque et surtout pas sur un plateau de télévision. Je lui ai expliqué. Il était réticent. On en a fait un, puis deux. Et ça a connu un succès phénoménal ! Il faut arrêter de tirer à boulets rouges sur les Américains. Ils font de très bonnes choses et ont un esprit pragmatique que j'aime bien.

Garderez-vous les relookings et la dimension spectaculaire dans la nouvelle version de "C mon choix" ?
Oui, on ne va pas se priver ! On l'a inventé ! Encore une fois, pendant toutes ces années où je n'ai pas fait "C'est mon choix", je me suis amusée à le faire chez moi. Je faisais souvent "C'est mon choix" chez moi avec des copines. J'ai appris à couper les cheveux et je faisais souvent le coup du miroir. C'était trop drôle ! Et puis, moi-même, comme j'ai voulu tout plaquer. Je suis partie vivre en Corse. Je me suis un peu laissée aller. J'ai grossi. J'étais contente de me balader en tongs, pas maquillée, pas coiffée ni apprêtée. Je joue le jeu aussi et j'assiste moi-même à ma propre "re-métamorphose".

"Les gens ont besoin d'être rassurés"

Vous allez vous servir de votre expérience personnelle dans l'émission ?
Oui. Il ne s'agit pas de se mettre en avant à la place des témoins. Mais en ça, j'ai changé.

La chaîne vous a-t-elle fixé un objectif d'audience ?
Non mais il y a une commande d'un certain nombre d'émissions. Après, à eux de décider s'ils continuent ou non.

Cette saison va être marquée par le retour d'autres programmes phare de Réservoir Prod : "Vis ma vie", Stars à domicile". Est-ce que la télé ne sait plus créer de flux ?
D'abord, les grandes marques, c'est bien. Les gens ont besoin d'être rassurés et pour ça, une bonne marque, c'est mieux que rien. Ensuite, Reservoir produit plein de nouveaux programmes ! Et pourquoi se priver de remettre à l'antenne des programmes qui ont marché. Après on verra si ça marche. C'est un pari.

Est-ce qu'on saura un jour pourquoi "C'est mon choix" s'est véritablement arrêté ?
Peut-être... (silence)

Peut-être pas aujourd'hui...
Non...

"Un talk-show à l'américaine, c'était de la bombe atomique"

Comment expliquez-vous la traversée du désert qui a suivi l'arrêt de l'émission
Traversée du désert, pas tout de suite ! Et puis ma carrière a commencé des années avant "C'est mon choix". J'ai été plusieurs années journaliste. J'ai commencé à 20 ans. Je n'ai pas eu un parcours facile. Je me suis souvent battue parce que je faisais souvent des choix très éclectiques. J'ai commencé comme chroniqueuse judiciaire, j'ai fait une émission de culture rock très branchée, j'ai fait le JT, des émissions de soirées électorales. Donc des traversées du désert, j'en ai connu souvent. Mais moins médiatisées de facto. Après "C'est mon choix", j'ai bossé. Il y a eu des périodes de chômage mais j'ai bossé ! J'ai bossé sur RTL9, Direct 8, "Midi en France".

Mais vous n'étiez plus la star du petit écran comme auparavant. Quel a été le point de bascule ? Votre passage à TF1 ? "Combien ça coûte ?" ?
C'est sûr que ça n'a pas aidé.... J'avais aussi une étiquette après "C'est mon choix". Et puis il y a aussi le fait que je n'ai pas quitté France 3 pour aller sur TF1. Je me suis fait virer de France 3 ! Sur TF1, ce n'était pas mon créneau. Il n'y avait pas de place pour deux sur le plateau de Jean-Pierre (Pernaut, ndlr). Et puis, on ne refait pas l'histoire, c'est comme ça. C'est la vie. Je n'ai pas un parcours linéaire. Je n'ai pas cette chance, comme beaucoup de gens.

Incarner totalement une émission, ce n'est pas très dangereux pour une carrière ?
Je ne l'ai pas choisi. Absolument pas. Le succès est arrivé et on ne s'y attendait pas. Moi, j'avais le sentiment qu'un talk-show à l'américaine, c'était de la bombe atomique. Je le sentais bien mais on ne pouvait pas savoir. On s'éclatait tellement à la faire, même les équipes. Certains se voient toujours. C'est une famille. On était galvanisé par ça. C'était une entreprise artisanale. Le succès était là mais on ne s'en est pas rendu compte. Il n'y avait pas de marketing là-dedans.

"Jean-Luc Delarue était vraiment brillant"

Qu'est que vous a appris de plus important Jean-Luc Delarue dont on vient de célébrer les trois ans de la disparition ?
Il m'a appris à me faire confiance et m'a dit : "Evelyne : sois toi-même". Tu ne seras jamais meilleure que quand tu es toi-même. Il disait toujours aux équipes : "Si Evelyne sent un truc, il faut le faire, sinon, non". Ca c'est un grand luxe quand on connaît l'exigence de Jean-Luc Delarue. Il était vraiment brillant. On a eu des épisodes houleux comme dans tous les couples professionnels. Mais c'était vraiment un ovni, un mec talenteux. En voyant le documentaire qui lui était consacré sur D8 récemment, je me suis d'ailleurs dit : "Ca se discute c'est génial ! Pourquoi ils ne le refont pas ?". Sauf que Jean-Luc n'est plus là...

Vous pensez que cette émission devrait revenir à l'antenne ?
Je la reverrai bien à l'antenne, oui. Je suis le patron de Reservoir Prod, je la mettrai à l'antenne. Mais il faut trouver l'animateur, c'est tout le problème.

Quels animateurs trouvez-vous talentueux justement aujourd'hui ?
Tous les historiques. Thierry Ardisson que je trouve brillant. Michel Drucker, Jean-Pierre Foucault. Mais aussi Nagui, Dechavanne. Ils ont révolutionné la télé. Dans les nouveaux, Cyril évidemment qui a connu le succès sur le tard. Je lui trouve beaucoup de talent. Lui peut improviser et lâcher son conducteur. Ca, je trouve ça formidable ! Qu'on l'aime ou qu'on ne l'aime pas, avec Cyril, tout peut arriver ! C'est ça qui est génial et c'est pour ça que ça marche. Vous vous dites : qu'est-ce qui va se passer ce soir ? Voilà à quoi elle sert la télé !

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