France Télévisions joue sa mission de service public en consacrant une soirée au harcèlement scolaire. Avec la fiction "Harceleurs" diffusée sur la Deux ce mercredi soir, le groupe audiovisuel prend le parti de traiter ce fléau grandissant à travers le regard de la mère de l'un de ces persécuteurs. Virginie Ledoyen campe cette maman et enseignante confrontée à la responsabilité de son propre fils dans la tentative de suicide d'un autre autre de ses élèves. D’abord dans le déni, puis confrontée à l’impensable, cette professeure de français doit faire face aux conséquences des actes de son enfant. L’héroïne voit ainsi son instinct de protection maternel percuter sa propre responsabilité morale. "Doit-elle protéger son enfant ? Effacer les preuves qui pourraient l’inculper ? Ou, au contraire, accomplir son devoir moral en le dénonçant ?", interroge le scénario de cet unitaire poignant.
Les séquences dans l'établissement scolaire ont été filmées dans un véritable collège à Noisy-le-Grand. Mais l'histoire, présentée comme une fiction dramatique par les producteurs, ne s'inspire pas d'un fait divers précis, mais plutôt d'une réalité largement documentée. "Télérama" rapporte que les scénaristes ont posé les bases de leur film à partir d'une "mécanique réelle du harcèlement contemporain", à savoir "la diffusion de vidéos humiliantes sur les réseaux, le silence complice des camarades, l’aveuglement des adultes et le choc d’une famille qui découvre que l’un des siens est impliqué".
Pour camper ce rôle, Virginie Ledoyen n'a, elle aussi, pas ressenti le "besoin de rencontrer des personnes spécifiquement pour ce personnage", comme elle l'a confié dans les colonnes de "Gala". Le sujet du harcèlement l'a naturellement touchée, et la comédienne s'est laissée porter par l'intrigue dessinée par les autrices de ce téléfilm. "Les deux femmes qui ont écrit le scénario ont, de près ou de loin, été concernées par le harcèlement. Si vous regardez autour de vous, vous connaîtrez quelqu’un qui a été harcelé ou qui a harcelé. C’est vraiment hallucinant à quel point c’est présent dans l’enfance et l’adolescence. On en a beaucoup parlé avec Julie. On a lu des choses, mais c’est quelque chose d’extrêmement banal, malheureusement", se désespère la maman de trois enfants attentive à cette problématique.
Le téléfilm sera suivi d’un débat présenté par Carole Gaessler et de la rediffusion du documentaire "Lindsay, la mécanique du harcèlement", un film de 90 minutes raconté par Jenifer et qui repose la question : comment, en une année scolaire à peine, Lindsay, une fille de 13 ans, joyeuse, populaire, a-t-elle pu se suicider ?
