"On peut tout dire au Papotin, mais, surtout, tout peut arriver !" Les règles d'une interview avec cette rédaction composée de journalistes atteints de troubles du spectre autistique sont claires. Et, depuis le début de l'aventure sur France 2, Camille Cottin, Jonathan Cohen ou encore Christiane Taubira, pour ne citer qu'eux, ont été désarçonnés par la brutale franchise des questions posées par leurs interlocuteurs, sans arrière-pensée. Dans l'émission diffusée ce samedi, c'est Franck Dubosc qui s'est frotté à l'exercice de l'introspection sincère depuis le Festival de l'Alpe d'Huez, où il était venu présenter son film "Un Ours dans le Jura", tout juste récompensé aux César. Tout à tour, les sujets sur son enfance modeste, son sentiment de transparence à l’adolescence, l’écriture de ses sketches, son amour pour la variété française se sont succédé avec gaieté mais authenticité.
"C'est bien vos questions, vous me faites beaucoup réfléchir à des choses auxquelles je n'ai jamais vraiment réfléchi. C'est vrai, on essaie toujours d'être un personnage. Le mieux, c'est lorsqu'on devient qui on est", a ainsi expliqué le comédien et humoriste, dans des propos rapportés par "Allociné". Puis, il a fendu l'armure lorsque la discussion a tourné autour de son père, avec qui il a entretenu des rapports difficiles avant sa disparition. "Dès qu'on parle de mon père, ça m'émeut. J'ai toujours cru qu'il n'était pas fier de moi", a confié l'habituel trublion, les yeux rougis par l'émotion.
En larmes -"j'ai des gouttes dans les yeux"-, Franck Dubosc a alors partagé le déclic qui a provoqué son changement de point de vue. "Et puis un jour, on m'a raconté qu'il regardait mon petit cousin en train de faire du sport. Et des gens devant lui parlaient de moi. J'avais fait un film, je n'étais pas encore connu. Et là, il paraît qu'il leur a tapé sur l'épaule et leur a dit : 'Franck Dubosc, c'est mon fils ! Donc il était fier'', a-t-il rapporté. La pudeur d'un père envers son fils a toujours marqué leur lien jusqu'en 2002, année de la mort de l'aîné, emporté par la maladie de Charcot.
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"Mais il ne me le disait pas. Il me l'a dit dans une lettre qu'il a écrite, avant de mourir, où il m'a dit qu'il était fier de moi. Il a résumé toutes ces années qu'on a vécu ensemble sans me le dire dans cette lettre. Cette lettre, je la garde", a poursuivi et conclu celui qui essaie désormais de transmettre cet héritage à ses enfants.

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