La polémique est loin d'être terminée. Après sept saisons à la tête de "Samedi d'en rire", Jean-Luc Lemoine ne sera pas de retour à la rentrée sur France 3. Mercredi 19 août, l'animateur avait révélé sur Instagram avoir appris son remplacement par Bernard Montiel... sur Internet. "Ce n’était pas ma décision. Je l’ai appris via une news Internet de Clément Garin car visiblement, on avait oublié de m’appeler pour me le dire", racontait-il.
Une éviction d'autant plus inattendue selon lui que, quelques jours auparavant, la directrice de production l'avait contacté pour fixer la première session de tournage de la huitième saison. "Samedi d'en rire", dont les audiences sont au beau fixe, continuera donc sans lui. Une situation qui a également provoqué les départs de Marc Toesca et Yoann Riou.
Vendredi, la production a décidé de livrer sa version. Dans un communiqué relayé par "Le Parisien", Jérôme Revon a évoqué "un rappel serein du contexte" et affirmé que "la présence de Jean-Luc Lemoine à la tête de l'émission à la rentrée n'était pas confirmée par l'intéressé malgré des demandes répétées de se positionner". Selon lui, l'animateur discutait parallèlement avec un autre groupe et son arrivée dans un programme concurrent aurait depuis été rendue publique.
Des affirmations que Jean-Luc Lemoine réfute catégoriquement. "Faux. Ces demandes répétées n'existent pas", répond-il dans une nouvelle série de publications Instagram. L'animateur assure au contraire avoir lui-même interrogé le producteur dès le mois de mai sur l'avenir du programme. Celui-ci lui aurait répondu : "Pourquoi tu t'inquiètes ? On a signé pour deux ans cette fois". Jean-Luc Lemoine lui aurait alors fait remarquer que son propre contrat s'arrêtait fin juin.
Il conteste également avoir déjà choisi sa prochaine destination. "Étant au chômage niveau télé depuis fin juin, j'ai eu la chance de recevoir des propositions, certaines très intéressantes, que j'étudie sérieusement, mais aujourd'hui, 23 août, je n'ai toujours signé avec personne. Dire le contraire est un pur mensonge", assure-t-il. Et de railler les informations évoquant son arrivée dans un programme concurrent : "Ils ont des infos que je n'ai pas. Où ça a été rendu public ? Officiellement ?"
Deuxième point de friction : la production affirme que France 3 souhaitait "inscrire une nouvelle dynamique au programme qui avait la même proposition éditoriale depuis 7 saisons". Là encore, Jean-Luc Lemoine assure n'en avoir jamais entendu parler. "Personne ne nous l'a jamais dit, ni à moi, ni à l'équipe qui préparait l'émission", réplique-t-il, soulignant que le programme "surperformait" selon lui par rapport à la moyenne de la chaîne.
L'animateur estime donc que "cette volonté de changement éditorial vient de sortir opportunément". S'il reconnaît volontiers que "personne n'est irremplaçable", il pointe une contradiction : si la chaîne ne souhaitait plus qu'il incarne le programme, "il ne faut pas prétendre qu'on attendait impatiemment [sa] réponse".
Jean-Luc Lemoine s'en prend également à son successeur, Bernard Montiel, qui avait évoqué sur les réseaux sociaux ses "projets élaborés depuis des mois". "Dans un salon mondain, c'est rigolo de raconter n'importe quoi (...) mais sur un compte officiel, si on n'a pas d'infos, il vaut mieux se taire", tacle l'ancien chroniqueur de "Touche pas à mon poste". Il reproche aussi à Bernard Montiel d'avoir qualifié les membres de l'équipe de "pleureuses" dans un message depuis supprimé.
Mais c'est surtout la conclusion de cette nouvelle prise de parole qui fait monter le conflit d'un cran. Au communiqué de la production affirmant que "certains communiquent sur les réseaux sociaux pour servir leurs intérêts", Jean-Luc Lemoine répond : "Quels intérêts ? Je suis viré." Il assure que sa première publication avait pour seul objectif de "rétablir la vérité" et de remercier ceux avec lesquels il a travaillé pendant sept ans.
L'animateur ne compte désormais plus poursuivre publiquement ce règlement de comptes. "Moi, j'ai encore un peu de mal donc pour la suite, je laisserai parler mon avocat avec eux", annonce-t-il, laissant ainsi entendre que le conflit va désormais se déplacer sur le terrain judiciaire. "Je ne veux pas polluer Instagram avec ces histoires, y a beaucoup plus intéressant, y a des chats qui jouent de la batterie", conclut-il avec ironie.