Ça gronde dans les coulisses de CNews. Régulièrement visée par des plaintes remontées à l'Arcom, l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, la chaîne du groupe Canal+ a une nouvelle fois fait l'objet d'une saisine. Mais cette fois, elle ne vient pas de l'extérieur mais d'un intervenant régulier de la chaîne, le juriste Amine Elbahi. Ce dernier, qui a durant un temps participé à l'émission "100% Frontières" avant de quitter volontairement le programme, en a pointé du doigt la ligne éditoriale, selon des informations révélées hier par "Mediapart". Amine Elbahi a notamment dénoncé dans cette saisine "les prises de position clairement identifiables" d'Erik Tegnér, chroniqueur principal de l'émission présentée par Gauthier Le Bret, à "l'extrême droite". Des prises de position qui selon lui présentent "un risque sérieux de déséquilibre dans l'expression des courants de pensée et d’opinion".
Au lendemain de ces révélations, Amine Elhabi a pris la parole, via une story publiée sur son compte Instagram. "J'ai pris mes responsabilités devant l'Arcom afin qu'elle tire les conséquences que les nouveaux éléments d'informations relatifs à la situation politique d'Erik Tegnér appellent au regard des règles applicables, en matière d'équité du temps de parole et de respect du pluralisme [...], a-t-il débuté, avant d'évoquer la révélation par le média d'enquête "Splann !" de l'adhésion du patron de "Frontières" au parti de Marion Maréchal, "Identité-Libertés". Une adhésion démentie quelques heures plus tard par Erik Tegnér en personne, qui a affirmé via une vidéo n'avoir "jamais été adhérent du parti de Marion Maréchal" et avoir mandaté un huissier pour l'établir publiquement.
"En démocratie, chacun est libre de ses engagements politiques. Cette liberté implique l'exigence d'assumer pleinement ses opinions et de ne pas avancer masqué [...]", poursuit Amine Elhabi dans sa story. "À quelques semaines du lancement de la campagne présidentielle de 2027, l'enjeu central demeure la qualité, la loyauté et la transparence du débat public. Ces exigences s'imposent à tous, sans exception. Je mesure pleinement les éventuelles conséquences sociales et professionnelles de cette intervention. Mais cela ne peut prévaloir sur l'exigence de vérité et de sincérité dans le débat public. Mon avenir personnel importe peu au regard de ces impératifs démocratiques." Et de conclure : "C'est précisément au nom de ces principes que s'inscrit plus largement ma conviction : être français est une fierté qui dépasse les origines et les parcours individuels. C'est l'attachement à une histoire commune, à une langue, à une culture politique et républicaine exigeante, fondée sur la liberté, l'égalité et la responsabilité." Reste désormais à savoir si cette prise de position coûtera à Amine Elhabi sa présence à l'antenne de CNews.

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