Bally Bagayoko est déterminé dans son engagement contre le racisme. Alors qu'il est devenu le sujet principal des débats de CNews depuis son élection, le nouveau maire de Saint-Denis a appelé, dans un entretien à l'AFP mercredi, à la fermeture de la chaîne d'info du groupe Canal+. En l'espace de deux jours, l'édile et enfant de l'immigration avait été visé par des propos jugés racistes de la part de Jean Doridot puis de Michel Onfray, mais pas considérés comme tels par la direction du média. Dénonçant "une société de plus en plus raciste", il a également confirmé sur le plateau de "C ce soir" avoir déposé une plainte contre CNews, mais aussi contre "les journalistes qui se sont contentés d'observer" et bien sûr les responsables de ces "attaques ignobles".
Dans le talk-show de France 5, l'élu Insoumis a assumé son choix de vouloir couper le signal du canal 14 de la TNT. "C'est un média qui devient dangereux dans la situation politique et la société que nous voulons construire. Ce sont des récidivistes en puissance", a-t-il indiqué, regrettant également la passivité de l'Arcom dans ce dossier. "C'est une forme de lâcheté", a ajouté Bally Bagakoko au sujet du gendarme de l'audiovisuel, qui aurait "pu s'auto-saisir" face à la gravité des propos prononcés. "L'Arcom doit être beaucoup plus sévère" vis-à-vis de la chaîne et que la justice doit être "beaucoup plus franche". Sollicitée par l'AFP, l'Arcom a rappelé qu'"elle était saisie et que les instructions étaient en cours".
Le cinquantenaire réclame en effet plus de sévérité de la part de l'autorité de régulation vis-à-vis de la concurrente de BFMTV. "Est-ce que nous sommes obligés d’avoir une offre médiatique avec des chaînes racistes comme CNews et d’autres ? Moi je dis que non", déclare-t-il auprès de l'AFP, quelques jours après cette cabale intense contre sa personne. Interrogé sur les autorisations d'émettre accordées à la chaîne par l'Arcom, l'élu francilien a estimé que le régulateur devait "les retirer". Saisie par des parlementaires, l'institution dirigée par Martin Ajdari a indiqué que "les instructions étaient en cours" concernant cette affaire.
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La direction de CNews essaie de faire front contre cette controverse sous fond de racisme ambiant en se défendant de toute malveillance. Dans un communiqué, elle a dénoncé une déformation des interventions, accusant des "pratiques participent à une instrumentalisation à des fins polémiques", de façon à "l'incriminer". La chaîne a également redonné la parole aux auteurs des propos controversés, Jean Doridot et Michel Onfray, pour qu'ils précisent le fond de leur pensée.
Le premier, psychologue de métier, avait commenté le début du mandat de l'édile de Saint-Denis en s'aventurant sur un terrain glissant. "C’est important de rappeler que nous sommes des mammifères sociaux et que nous faisons partie de la famille des grands singes. Et par conséquent dans toute collectivité, toute tribu, il y a un chef qui a pour mission d’installer son autorité", avait souligné l'intervenant régulier de "100% Politique". Dans la foulée, le philosophe avait prêté à Bally Bagakoko une attitude de "mâle dominant" pour avoir appelé à faire "allégeance" après son élection.

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