La première audition avait été annulée en raison d'un "empêchement urgent impossible à différer". La seconde a été très agitée. Convoqué ce jeudi 2 avril devant l'Assemblée nationale, Xavier Niel a été entendu aux côtés de Matthieu Pigasse et Jérôme Nommé, au titre Mediawan, dans le cadre de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public. Mais le début des échanges s'est révélé particulièrement tendu. Interrogé d’emblée sur les raisons de son précédent désistement, le patron de Free n'a pas caché son agacement. "Je ne suis pas face à un procureur", a-t-il lancé au président du travail parlementaire, Jérémie Patrier-Leitus, avant de demander à ce que "les invités soient respectés". "La vie d’entrepreneur, c’est une vie complexe, dans laquelle il peut y avoir des surprises impossibles à différer", a-t-il martelé. "Et vous m’avez dit : allez vous faire voir !", s’est encore indigné l'homme d'affaires, provoquant un moment particulièrement musclé.
Après avoir fait serment de vérité, Xavier Niel s'est ensuite attaqué à Charles Alloncle, lequel avait tenu des propos peu amènes envers le groupe audiovisuel privé. "Vous avez propagé beaucoup d’approximations, de fake news, de mensonges ici et sur vos réseaux sociaux, sans aucune forme de contradictoire", lui a reproché le milliardaire. A commencer par dire que Mediawan est une entreprise américaine", a-t-il précisé, défendant l’ancrage français de la société dont il est l'un des actionnaires. "C'est faux", lui a-t-il rétorqué, précisant que ses trois co-fondateurs étaient nés dans l'Hexagone.
Le dialogue de sourds s'est poursuivi pendant de longues minutes, chacun des intervenants campant sur ses positions. Xavier Niel a fait même mine de quitter l'assistance, avant d'être rattrapé par Jérémie Patrier-Leitus, qui lui a gentiment demandé de se rasseoir. "Vous vous croyez où ?", a lancé le protégé d'Eric Ciotti. "Je me crois à l'Assemblée nationale, M. le rapporteur, dans un cirque que vous avez créé", a répliqué le chef d'entreprise. Ce différend a contraint le président à suspendre "pour deux minutes" la séance, le temps d'apaiser les esprits.
La pause n'a guère calmé les deux protagonistes, lesquels ont continué leur joute verbale à la reprise de l'audition. S’agaçant de la "perte de temps" qu’occasionnent, selon lui, les séances de la commission d’enquête, le patron de Free a directement attaqué la rémunération du député héraultais. "Monsieur le rapporteur, vous coûtez 11.000 euros par mois aux Français", lui a-t-il lancé. "Votre commission d’enquête, elle n’a pas pour but de faire la lumière sur les dépenses de l’audiovisuel public. Malheureusement, elle a pour but de vous donner une tribune pour parler à votre électorat. Elle a pour but de vous faire émerger comme une figure politique de ce pays", a encore tancé Xavier Niel.
Il ne s'est pas arrêté à ces seuls reproches : "Vous êtes des élus, vous êtes des représentants, vous représentez l’ensemble des Français", a-t-il poursuivi. "Or c’est un spectacle, c’est un show, c’est devenu un show qui n’a pas un grand intérêt", a souligné le co-fondateur de Mediawan, estimant que "l’Assemblée nationale se déshonore avec des auditions spectacle".

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