Jean Imbert, gagnant de "Top Chef 2012" : "Tout ça n'était qu'une façade !"

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Jean Imbert, gagnant de "Top Chef 2012" : "Tout ça n'était qu'une façade !"
Jean, gagnant de "Top Chef 2012"
Jean, gagnant de "Top Chef 2012" © PIERRE OLIVIER/M6
Sacré gagnant de "Top Chef 2012" hier soir, Jean Imbert évoque pour puremedias.com son aventure, sa victoire, mais aussi les critiques - et les blagues - sur ses cheveux et ses origines sociales. Entretien.

Hier soir, Jean Imbert a été sacré grand gagnant de "Top Chef 2012". Le candidat, qui cuisine depuis 17 ans et a son restaurant à Paris, figurait parmi les favoris dès les premiers épisodes, impressionnant les jurés par le dressage de ses plats mais aussi le goût et la technique qu'il y apportait. Ce matin, l'heureux gagnant a accordé un entretien à puremedias.com. Il revient sur sa victoire, son parcours mais aussi les critiques parfois surprenantes sur les réseaux sociaux et cette carapace qu'il s'est construite pour aller jusqu'au bout.

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puremedias.com : Comment vous sentez-vous après votre victoire ?

Jean Imbert : Je me sens très bien ! Je suis heureux, j'ai encore du mal à réaliser mais je suis très heureux ce matin.

Vous avez eu quatre mois pour réfléchir à ce que vous pourriez faire avec ces 100.000 euros, vous avez trouvé la réponse ?

Je n'ai pas eu quatre mois, non, on a tourné la finale il y a trois jours !

Mais pendant quatre mois, vous avez pu vous demander ce que vous en feriez si vous gagniez, non ?

Jamais !

C'est vrai ?

Oui, dans les quatre derniers on n'a jamais pensé à ce qu'on ferait avec les 100.000 euros. Ce qu'on voulait, c'était le titre, pas les 100.000 euros. C'est juste maintenant que j'ai gagné que je me dis que les ai. Mais je ne sais pas, je crois que quand Rafael Nadal gagne Roland Garros et qu'il gagne un million d'euros, le lendemain en interview on ne lui demande pas ce qu'il va en faire. On lui demande s'il est heureux d'avoir gagné Roland Garros.


L'un n'empêche pas l'autre en même temps !

Non, bien sûr ! Mais c'est juste qu'on n'y a pas pensé, honnêtement. Je pense que ceux qui pensaient aux 100.000 euros sont partis parce que c'est un parasite dans la tête. Il faut être concentré sur la cuisine. Nous on n'est pas venus pour faire de la télé ou pour gagner 100.000 euros, on est venus pour faire de la cuisine.

"Tout ça n'était qu'une façade"

On vous a vu depuis le début de l'aventure que vous étiez là pour gagner. Est-ce que malgré tout vous avez eu des moments de doute ?

Bien sûr ! Norbert l'a bien dit en interview, que tout ça n'était qu'une façade, qu'il me connaissait bien, et que tout ça n'était qu'une façade et que je doutais tout le temps. Je me souviens encore, on prenait des cafés dans nos chambres d'hôtel et quand ils rentraient dans la mienne, ils hallucinaient, il y avait des livres de cuisine étalés partout par terre. Celui qui ne doute pas il ne regarde même pas les livres de cuisine. De me dire à moi-même que je voulais gagner à tout prix, ça m'a permis de me construire une carapace.

C'était pour vous convaincre vous-même, pour convaincre les autres ou les deux ?

J'ai essayé de me convaincre moi-même oui. A force de me le répéter je me forçais à croire qu'il allait se passer quelque chose mais en réalité j'avais peur tous les jours. Je l'ai dit plusieurs fois hier d'ailleurs, que j'avais peur de Norbert, de Cyrille...

Et le fait de dire que vous étiez sûr de vous, c'était une façon d'envoyer un message aux autres ?

C'est une phrase que je n'ai jamais prononcée en onze semaines.

"Il y a de l'intox entre les candidats"

Le fait de paraître sûr de vous, alors, de dire que vous vouliez gagner, c'était une façon d'intimider les autres ?

Dans "Top Chef", tout le monde a envie de gagner. Donc si on me demande si j'ai envie de gagner, je dis oui. Après, il y a de l'introx entre les candidats mais ça reste du domaine de la rigolade, et ce n'est pas pendant les épreuves, c'est plutôt le soir à l'hôtel. Norbert m'en a fait deux-trois bien marrantes. C'est à l'américaine, comme quand les mecs chantent sur le terrain de basket, c'est un peu de l'intox...

C'est comme le haka de la Nouvelle-Zélande au rugby aussi...

(Rires) Oui, c'est ça ! Après, je pense qu'on avait tous peur l'un de l'autre mais sur la fin on était tellement potes que - je dirais pas qu'on aurait préféré qu'un autre gagne, mais on était vraiment potes. Moi j'ai pleuré quand Tabata et Norbert sont partis, vraiment. Et je pense que si j'étais parti ils auraient pleuré aussi. C'est pas du trafic, c'est pas de la télé. C'est de l'amitié.

"Le plus dur, c'est de ne rien lâcher !"

Qu'est-ce qui a été le plus difficile pour vous dans l'aventure ?

De ne rien lâcher. C'est ça je crois qui est le plus dur dans "Top Chef". Tout le monde le sait, maintenant, tout le monde a compris que c'est très dur physiquement, mentalement, psychologiquement, tout. Et la demi-seconde où tu te démobilises, tu perds. Le plus dur c'est d'être là, tout le temps, au quotidien.

Quel a été le meilleur moment pour vous ? Votre épreuve préférée ?

Pour moi, les meilleurs moments ça a été les moments de vie partagés avec les candidats, quand on est dans le jacuzzi, qu'on a vu la semaine dernière. Hier soir, regarder la finale dans mon restaurant avec les chefs, mes amis de "Top Chef", tout ça. C'est ça que je retiens de l'aventure. L'amitié. Ce sont des choses qui n'ont pas de prix.

"Je ne suis pas un personnage de télé"

Vous avez regardé chaque lundi l'émission sur M6 ?

Moi je travaille le lundi mais on avait mis une petite télé dans la cuisine et puis j'ai fait des soirées ! On a fait la demi-finale avec Norbert et Denny à l'Acajou. J'ai regardé l'épreuve de Jamel avec Tabata. Mais j'ai du mal à me regarder à la télé.

Justement, qu'est-ce que vous pensez de l'image qu'a donné l'émission de vous ?

(Silence) Je ne suis pas trop d'accord avec le raccourci entre le fait que je suis imbus de moi même parce que j'ai dit que j'avais envie de gagner. Je pense qu'il faut être honnête, je ne suis pas un personnage de télé, je fais de la cuisine. On me pose la question, je réponds honnêtement, on me dit "Est-ce que t'as envie de gagner", je réponds oui. "Est-ce que tu trouves que t'as fait un beau plat ?" Si je trouve que oui, je le dis, si je trouve que j'ai fait de la merde, je le dis aussi. On a posé la même question à Norbert, à Tabata, si j'avais été prétentieux et ils ont répondu pour moi. Jamais je ne l'ai été, jamais je n'ai manqué de respect, pour moi ils sont aussi forts que moi, je l'ai dit.

Est-ce que vous avez lu ce qu'on a dit de vous sur les réseaux sociaux, sur Facebook, sur Twitter, dans la presse aussi ?

Vous faites allusion à quoi exactement ?

"Les blagues sur mes cheveux, ça m'a fait rigoler"

On a beaucoup dit que vous étiez trop sûr de vous mais il y a eu des remarques plus étonnantes et notamment une fixette sur... votre coupe de cheveux !

Mais ça c'est assez drôle, ça m'a fait rigoler ! Le tweet qui m'a fait le plus rire c'est "La vraie star de "Top Chef" c'est pas Norbert mais le chien endormi sur la tête de Jean" ! Il m'a beaucoup fait rire ce mec quand il m'a envoyé ça. Après je vous explique, c'est tout simple, ça faisait longtemps que je n'étais pas allé chez le coiffeur quand "Top Chef" a démarré, après j'ai été pris dans le tourbillon pendant deux mois et demi, voilà. N'allez pas chez le coiffeur pendant trois mois et demi et vous verrez ! Mais je ne suis pas venu pour faire un concours de beauté. Je ne suis pas looké façon "Secret Story". Je suis un cuisinier, un artisan. Je suis tous les matins dans ma cuisine on fait des langoustines, on fait des St Jacques, on essaie de faire plaisir à nos clients. Les chefs n'ont pas jugé ma coupe de cheveux...

Non, bien sûr, mais est-ce que vous avez été étonné par l'ampleur que ça a pris ?

Je vous jure que ça me fait marrer. Il y a des gens dans la rue qui me demandent "Eh Jean, t'as des couteaux cachés dans tes cheveux ?". Moi je le prends au second degré. D'ailleurs je pense qu'il n'y a que des blagues sympa, ou alors vraiment des hargneux qui écrivent après "J'aime pas ses cheveux, je vais lui trancher la gorge" ! Mais non, tout ça c'est du second degré.

"On ne fait pas de la cuisine pour l'argent"

Autre sujet qui a fait pas mal parler, vos origines sociales, votre famille, d'où vous venez, que vous méritiez moins de gagner car vous en aviez moins besoin...

Je suis de L'Hay les Roses, Norbert est venu chez moi, mes parents habitent en face de la prison de Fresnes, mon père est ouvrier et travaille de 5h du matin à 21h... Je ne comprends même pas d'où ça peut venir. L'Ecole Bocuse, je me suis payé la deuxième année en travaillant dans l'école ! Après, quand j'entends que j'ai été au tennis soi-disant au Rotary Club alors que c'est le tennis de Bourg-la-Reine, tennis municipal ouvert à tous. Après, les gens disent que j'ai un restaurant dans le 6ème, mais il était en dépôt de bilan et personne n'en voulait quand je l'ai repris. Je ne vois pas d'où ça sort.

Et puis, même si vous aviez été riche et que votre famille était riche, est-ce que ça aurait changé quelque chose ?

Non, ça ne change rien ! L'important c'est la passion. Personne ne se pose la question de savoir si Jean-François Piège, Alain Ducasse ou Thierry Marx sont riches ou pas. On est dans un métier de partage, de passion, de communion. On n'a pas fait ça pour l'argent ! Tous ceux qui veulent faire de l'argent ne font pas de cuisine... Nous, on est dans un métier où on veut faire plaisir aux autres, c'est une passion dévorante. Hier soir, je suis resté assis entre Cyril Lignac et Jean-François Piège, on a ouvert une bouteille de vin, y avait du roquefort et du reblochon. Combien quelqu'un aurait été prêt à payer pour être là ? Eh bien moi, ça ne m'a rien coûté. Les plus beaux moments de ma vie sont ceux qui n'ont pas de prix, qui sont impossibles à acheter.

"Un Top Chef all-stars ? Je dis plus que oui !"

On a vu hier que vous aviez gardé contact avec Tabata et Norbert, mais avec qui d'autre ?

Principalement Tabata et Norbert, qui sont pratiquement mes deux meilleurs amis. Puis Juan qui travaille avec moi et Denny qui travaille juste à côté. Et Ruben, qui passe pas mal au restau.

Si on vous propose d'ici deux ou trois ans un "Top Chef" all-stars avec des anciens gagnants et candidats marquants, vous dites oui ?

Je dis plus que oui ! Moi je leur ai dit, s'ils veulent je remets mon titre en jeu l'année prochaine ! J'ai tellement aimé "Top Chef"... Je suis dégoûté qu'il n'y ait pas une épreuve de la dernière chance demain matin...

Vous n'avez pas regardé toutes les émissions en entier mais en tant que téléspectateur, qu'avez-vous pensé de la durée de l'émission ? Beaucoup de fidèles trouvent qu'elle est trop longue !

Plus c'est long, plus c'est bon !

C'est votre dernier mot ?

Absolument ! (Rires)

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