Sa prise de position avait fait réagir. Invité de "Stade 2 la quotidienne", diffusé chaque jour à 20 heures sur France 3, Teddy Riner n'avait pas hésité à s'engager politiquement à moins de huit mois de l'élection présidentielle de 2027. "Ce qui m'angoisse, c'est la tournure que prend le pays, a confié le quintuple champion olympique de judo dans l'émission du 16 septembre. Ça m'angoisse, même moi sportif de niveau. Ça m'angoisse de voir tout ça, la montée des extrêmes. Ça me fait flipper", a-t-il déclaré au journaliste Thierry Vildary. Ce dernier lui ayant demandé s'il pensait "aux deux extrêmes", l'athlète de 37 ans précisait : "L'extrême droite. Il faut appeler un chat un chat".
Des propos qui étaient repris dès le lendemain dans l'édito de Pascal Praud pour débuter "L'Heure des pros", sa quotidienne sur CNews. "Teddy Riner ne craint pas l’insécurité, la dette, l’islamisme… Non ! Ce qui le fait flipper, comme il dit, ce n’est pas non plus l’antisémitisme rampant de La France insoumise ou le bilan cataclysmique de son grand ami Emmanuel Macron, non, ce qui le fait flipper, c’est l’extrême droite", l'a-t-il attaqué jeudi 17 septembre. Avant de lui reprocher de "[s'acheter] un brevet de bonne conscience à peu de frais" qui lui permettra d'avoir "son rond de serviette à France Inter ou chez 'Quotidien'".
L'animateur, qui s'en est récemment pris à Bruno Solo, a ensuite critiqué une prise de parole "convenue, attendue, vide d'arguments et [...] contre-productive" : "Ce que dit Teddy Riner ou rien, c'est au fond la même chose. Les Français s'en fichent, il est même possible que ça les agacent", a-t-il conclu. Une sortie virulente à laquelle le principal intéressé a répondu sur son compte X quelques heures plus tard. S’adressant directement à Pascal Praud, Teddy Riner a défendu son droit à s’exprimer sur ce qui se passe en France : "être sportif de haut niveau n’empêche pas de garder les pieds sur terre et de porter un regard attentif sur son pays", a-t-il débuté.
Avant de développer plus largement ce qu'il avait dit la veille : "La situation actuelle m'inquiète : la colère qui monte, les fins de mois difficiles, le respect de nos institutions qui s'effrite, les fragilités de notre école et le manque de perspectives pour notre jeunesse, s'est-il justifié. Je refuse la résignation. Les solutions ne viendront ni des surenchères, ni des recettes du passé qui ont montré leurs limites", a-t-il ajouté.
Le judoka a également revendiqué sa liberté de "participer au débat d’idées sur l'avenir de cette France que nous aimons toutes et tous" même si son avis ne fait pas l’unanimité : "le droit de s'exprimer appartient à chaque citoyen, quel que soit son parcours", a-t-il poursuivi tout en assurant ne pas vouloir "donner des leçons" ni "diviser".
"Cher Teddy Riner, Et si vous veniez sur notre plateau pour en parler ?", lui a alors proposé la star de CNews sur X. Une invitation à laquelle il n’a, jusqu’à présent, pas donné suite.