Les locaux de CNews ont été visés ce samedi matin à Paris en marge des manifestations du samedi 17 octobre. Quelques heures avant le coup d’envoi de cette grande mobilisation générale, une centaine d'individus cagoulés auraient pris pour cible le bâtiment abritant la chaîne d'information du groupe Canal+, selon les informations relayées par plusieurs médias dont "Le Parisien". "Un groupe important de personnes a jeté des projectiles sur les vitres causant des destructions", rapporte une source policière à nos confrères du quotidien. À visage caché, ces individus ont d’abord bloqué l’entrée au parking du bâtiment abritant la chaîne d’info et également la rédaction d’Europe 1, dans l’ouest de la capitale. Ils ont ensuite dégradé les lieux, avant l’intervention des forces de l’ordre, appelés à stopper leur action. Des images sur les réseaux sociaux et diffusées sur le compte TikTok de "Paris Match", ex-propriété du groupe Lagardère, montraient également des barrières renversées.
Au total, vingt-et-une personnes ont été interpellées, a fait savoir la préfecture de police. Un chiffre confirmé par le parquet, qui précise que quatre mineurs figurent parmi les personnes interpellées et que les interpellations se sont faites en deux temps. "Il s’agit principalement d’interpellations pour des faits de participation à un groupement en vue de commettre des violences ou dégradations", précise le ministère public, qui ajoute que les personnes interpellées étaient munies de "gants coqués, ou de projectiles dans le sac".
"Informer doit pouvoir se faire sans peur, sans intimidation et sans violence", a réagi auprès de l’AFP la chaîne sous le giron de l’homme d’affaires conservateur Vincent Bolloré. "Nous déplorons toutes violences envers quiconque que ce soit pour nous ou pour nos confrères", a précisé le canal 14 de la TNT. "La liberté de la presse, essentielle à notre démocratie, repose aussi sur la possibilité pour chaque journaliste d’exercer son métier en sécurité, quelle que soit sa rédaction". Vendredi, la ministre de la Culture, Catherine Pégard, avait déploré sur X les violences "inacceptables" commises contre des journalistes en marge des récentes mobilisations lycéennes et étudiantes.
Cet épisode très matinal intervient à l'orée d'une nouvelle journée de mobilisation contre la hausse du côut de la vie dans le sillage du mouvement lycéen qui émerge depuis la mi-septembre. Agriculteurs, gilets jaunes, chauffeurs VTC et professionnels en colère contre "la vie chère" sont attendus dans la rue. La journée du 17 octobre pourrait voir converger des dizaines de milliers de personnes en plusieurs points de la France, dont 40 000 à Paris.
