"Madame Knafo, ce n'est pas vous qui posez les règles sur ce plateau." Mercredi 28 octobre, les journalistes Simon Le Baron et Audrey Tison recevaient, pour l'interview de 8:30 de Franceinfo, la députée Reconquête Sarah Knafo. L'entretien d'une vingtaine de minutes, diffusé conjointement sur la station radio et la chaîne franceinfo, avait été particulièrement houleux entre les journalistes et la politique. "Cette interview commence mal pour le service public, avait notamment réagi l'ancienne candidate à la mairie de Paris après que ses hôtes ont évoqué sa réaction à l'attentat de Trappes en qualifiant notamment son tweet de "laconique". Je pense que personne n'attend plus rien de vous et vous trouvez quand même le moyen de décevoir avec votre malhonnêteté permanente."
Quelques heures après cet entretien que Sarah Knafo avait rapidement dénoncé sur ses réseaux sociaux, le média "CGTV" affirmait que la rédaction en chef de Franceinfo avait présenté des excuses à la politique pour la séquence, qui aurait provoqué un malaise en interne. Une information rapidement contestée par la radio : "franceinfo ne s'est pas excusée à l'issue de cette interview et dément formellement cette affirmation, a martelé la station dans un communiqué. franceinfo apporte son plein soutien à Simon Le Baron et Audrey Tison, qui ont exercé leur métier. Nous condamnons avec la plus grande fermeté les attaques, les menaces ou les tentatives d'intimidation dont nos journalistes font l'objet sur les réseaux sociaux. Rien ne saurait justifier que nos journalistes soient ainsi pris à partie dans le cadre de leur travail."
Peu après, c'est la Société Des Journalistes (SDJ) de Radio France qui est venue apporter son "entier soutien" à Simon Le Baron et Audrey Tison, elle aussi via un communiqué. "Leur travail et leur respect des règles déontologiques sont irréprochables, a souligné l'organisation. Les deux journalistes ont fait face à une invité qui n'est pas venue pour répondre à leurs questions mais pour dénigrer et délégitimer l'audiovisuel public. [...] Pendant près d'une demi-heure, Sarah Knafo a refusé de se plier à l'exercice de l'interview journalistique." La SDJ a également souligné "l'inacceptable" vague de cyberharcèlement dont sont, depuis, victimes les deux journalistes de Franceinfo. La Société Des Journalistes qualifie au passage de "pures inventions les informations selon lesquelles le directeur adjoint de la rédaction de Franceinfo" aurait présenté des excuses à la députée Reconquête.
"Des militants syndicalistes de gauche qui volent au secours de leurs collègues 'journalistes' de gauche : quoi de plus naturel ?",a réagi cette dernière en découvrant le communiqué. Ils sont visiblement tous très déçus que leurs deux champions, n’aient pas réussi leur coup ce matin lors de leur matinale qui avait tout d’un guet-apens et presque rien d’une interview politique. Je comprends qu’ils aient besoin d’être défendus. Ces militants, payés par nos impôts, ne m’avaient manifestement pas invitée pour parler de mon livre, qu’ils n’ont pas lu, ni pour entendre ma réaction à l’attentat de Trappes, qui ne semblait pas les intéresser", a -t-elle de nouveau martelé, sur le réseau social X.
