Martin Weill : "Je ne suis pas sûr que les reportages vont plaire aux gourous..."

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Martin Weill : "Je ne suis pas sûr que les reportages vont plaire aux gourous..."
Bande-annonce de "Martin Weill et les nouveaux gourous"
Le journaliste présente son nouveau magazine ce soir, consacré pour la première aux nouveaux gourous, en prime time sur TMC.

Il prend son envol. Arrivé dans "Le Petit Journal" dès 2013 et présent depuis la première émission de "Quotidien" sur TMC en 2016, Martin Weill décroche son propre magazine. Plus apparu dans l'émission quotidienne de Yann Barthès depuis la fin de la saison dernière, le journaliste prend les commandes d'une série de magazines baptisée... "Martin Weill". A l'occasion de la diffusion de "Martin Weill et les nouveaux gourous", ce soir sur TMC, puremedias.com s'est entretenu avec Martin Weill.

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Propos recueillis par Kevin Boucher.

puremedias.com : Vous revenez après cinq mois d'absence de l'antenne avec "Martin Weill et les nouveaux gourous".
Martin Weill : L'idée, c'est de faire des émissions de grand reportage en prime time. Nous allons partout dans le monde pour nous interroger sur les obsessions de notre société. On démarre avec les gourous en partant du constat simple que la société n'est pas très heureuse, la consommation d'anti-dépresseurs explose... Et c'est dans ces conditions que le phénomène d'emprise peut se créer assez vite. Ces nouveaux gourous, ce sont ceux qui prétendent avoir un remède à nos problèmes. Et il y en a beaucoup dans notre quotidien. Et nous sommes dans une étape dans notre monde où leur emprise est plus importante et où ils font les choses de manière plus maligne.

Ils ont dit
"Ce n'est pas toujours facile d'avoir accès aux gourous"
Martin Weill

Comment a-t-on accès à ces gourous, dont le but est quand même de garder la part de mystère qui participe à créer de l'emprise ?
Ce n'est pas toujours facile. Par exemple, pour filmer dans le camp des masculinistes, nous avons mis un petit moment avant qu'ils n'acceptent. Mais il y a un truc qui est assez intéressant, c'est que tous nous disent qu'ils ne sont pas des gourous quand on leur pose la question. Ils se disent que, vu qu'on parle d'eux, cela leur apportera peut-être de nouveaux adeptes. Et puis ils sont dans un déni de l'influence qu'ils ont. C'est assez marrant puisque nous interrogeons Jordan Peterson, un éminent psychologue et professeur de psychologie canadien qui vend des millions de livres à des gens qui le suivent sur Youtube. Dans sa conférence, où les gens vous disent "Il a changé ma vie", il faut payer chaque chose, la rencontre etc. Et il assure ne pas être un gourou. Donc ce sont des gens qui ont quand même envie de parler de ce qu'ils font. Evidemment parfois, ça se passe mal parce que nous avons nos questions à poser quand même. Mais je pense que certains sont persuadés de faire le bien, comme le gourou de l'ayahuasca.

Et au niveau de votre sécurité et de celle de votre équipe, comment cela s'est-il passé ?
Ca va, vraiment. Dans les sujets, le but n'est pas de juger. Les vraies personnes intéressantes en réalité ne sont pas les gourous mais nous, les "victimes". Dans le camp masculiniste, les hommes qui nous disent des horreurs sur les femmes parce que c'est ce qu'ils entendent toute la journée, je pense que ce sont des mecs qui auraient pu se tourner vers l'ayahuasca s'ils avaient rencontré quelqu'un d'autre. Ce ne sont pas des mauvais gars au fond, donc cela se passait plutôt bien puisque nous étions vraiment dans une démarche de compréhension. Quant aux gourous, ce sont des mecs qui sont rodés, qui sont convaincus de ce qu'ils disent parce que c'est leur fond de commerce. Ils ne peuvent pas devant moi se dédire. Donc ils sont plutôt droits dans leurs bottes. Evidemment, ils se sont parfois posé des questions parce qu'ils ont l'habitude d'être adulés, pas d'avoir des journalistes qui viennent chercher des explications. Est-ce que les reportages vont leur plaire ? Je ne suis pas sûr.

Vous vous intéressez à l'ayahuasca, une nouvelle drogue. Où place-t-on la limite ? Va-t-on jusqu'au test ?
C'est une bonne question. Déjà, l'ayahuasca est considéré comme une drogue donc, pour un journaliste à la télévision, la loi interdit de le tester. Et puis ce n'est pas une drogue récréative, c'est un long processus. C'est une démarche qui se rapproche beaucoup plus de celle d'une thérapie. Et ce qui est compliqué avec ce sujet, c'est que vous avez des gens qui ont eu une très bonne expérience comme d'autres en ont eu une très mauvaise.

Ils ont dit
"Il faut un peu de tout dans une émission"
Martin Weill

La soirée se termine sur un reportage WTF sur un homme qui se prétend Jésus, avec notamment une scène sur une trottinette électrique qu'il prend pour une jument 2.0. Comment garde-t-on son sérieux face à tant de ridicule ?
En fait, nous sommes partis d'une exposition de Jonas Bendiksen à Arles qui s'intéressait aux personnes qui se prennent pour le Messie un peu partout dans le monde. Et donc nous avons cherché un peu qui était ce Brésilien d'un peu plus de 70 ans et qui a 20 disciples qui vivent avec lui et pensent qu'il est réellement Jésus. Nous voulions savoir si ces gens étaient fous, si lui était potentiellement dangereux... Le reportage est hyper étonnant parce que lui, on en pense ce qu'on veut, mais ce qui est incroyable ce sont les disciples. Il y a un ancien professeur de surf qui, à partir du moment où il a rencontré ce type, s'est dit "Je vais le suivre". Mais ce Jésus, on en pense ce qu'on veut mais c'est quelqu'un qui prône l'amour, le bien-être, la bonté... Et quand vous dites aux disciples que les gens vont les prendre pour des fous, ils s'en fichent et vous disent que dans 100 ans, ce sont nous qui passerons pour des fous pour ne pas avoir suivi ce Jésus.

Finir sur une touche plus légère, c'était nécessaire ?
Oui... Il faut un peu de tout dans une émission, c'est pour ça que nous avons intégré des pastilles aussi. On peut parler de sujets sérieux sans se prendre la tête. Ce sujet est amusant mais en même temps, il y a du fond. Je trouve qu'on découvre quelque chose, une façon de vivre. On ne voit pas souvent ce qu'il se passe dans ces lieux clos - et il y a des endroits comme les lieux de vie que nous n'avons pas eu le droit de voir.

Les trois sujets de l'émission sont méconnus du public. N'y a-t-il pas eu la tentation d'aller vers des affaires connues, comme les reclus de Monflanquin, avec peut-être un public plus facile ?
Je ne sais pas... Je pense que ce qui est important dans une émission, c'est de découvrir des choses. Et nous évoquons les sectes plus traditionnelles via les pastilles. Je trouve cela plus intéressant de parler des choses d'aujourd'hui et de décrypter des sujets que les gens connaissent peu ou moins. Et si ce n'est pas cela qu'il faut faire, on fera autre chose. (Sourire)

Les plateaux de lancement se font en public. Etait-ce nécessaire ?
Cela fait vivre un peu le plateau, d'avoir du monde autour et quelques réactions. C'est quelque chose nous allons développer un peu plus. En tout cas cela met un peu de vie... et je suis quand même pas mal tout seul, donc ça fait du bien de voir des têtes autour ! (Rires)

Ils ont dit
"J'ai été implanté pour la deuxième émission"
Martin Weill

Un deuxième numéro est prévu sur le corps humain.
J'ai terminé le dernier tournage. L'émissions s'appellera "Martin Weill à la recherche du corps parfait", une autre de nos obsessions actuelles. Avec la culture des réseaux sociaux et des selfies, nous n'avons jamais autant parlé de nos corps, nous ne les avons jamais autant montré ni eu autant de modèle de perfection. Aujourd'hui, quand j'allume Instagram, je me retrouve face à des corps parfaits à me dire "Je ne serai jamais comme ça" ! (Rires) On va donc s'intéresser au culte de la beauté entre selfies, réseaux sociaux et chirurgie à Miami, à la Corée du Sud aussi où la beauté est quasi-obligatoire même dans le monde du travail, le culte du muscle et enfin les transhumanistes, ceux qui pensent qu'on va bientôt pouvoir se passer de notre corps, avec des implants - j'ai été implanté d'ailleurs (il montre son implant sur la main, ndlr) - ou la cryogénie.

L'émission s'appelle "Martin Weill". Votre nom est-il devenu une marque ? Martin Weill est-il devenu Tintin ?
Peut-être un peu... Pour être tout à fait franc, c'est une émission qui va être assez événementielle. Le but, c'est quand même de l'identifier. Donc l'idée de la chaîne et de la production, c'était d'embarquer les gens avec moi, d'où l'idée de mettre mon nom et de le décliner. Il faut plus le voir comme un clin d'oeil plutôt que comme une marque. J'espère que ça ne donne pas l'image de quelqu'un de mégalo !

Ils ont dit
"Bangumi n'est pas une secte"
Martin Weill

Cela fait cinq mois que vous n'étiez plus à l'antenne. C'était nécessaire de quitter "Quotidien" pour mener à bien ce nouveau projet ?
Nous ne nous sommes pas tellement posé la question. Nous nous sommes dit que nous avions envie de développer cela et de faire une autre émission. Et la réalité des temps de production fait que, concrètement, je n'avais pas une minute de plus. Mais cela ne veut pas dire que je ne reviendrai pas de temps en temps.

En avril 2016, "Le Point" comparait Bangumi, la société de production, à une secte. Yann Barthès et Laurent Bon sont de nouveaux gourous ?
(Rires) Ca va leur faire plaisir ! Je me rappelle du moment où c'était sorti, nous en avions fait une blague avec "Catherine & Liliane". Bangumi n'est pas une secte mais une entreprise de production audiovisuelle avec des mecs très bons et respectés par leurs équipes. Franchement. Je pense que ça ferait beaucoup marrer Yann qu'on dise que c'est un gourou. Nous sommes libres, ils ne nous demandent pas 10% de nos revenus et nous ne sommes pas chaque matin en train de chanter des psaumes dans le bureau de Laurent Bon.

Quand nous nous étions vus il y a un peu plus d'un an, vous me disiez ne pas avoir beaucoup de Miles, ne prenant pas Air France. Mais au moment où la planète va mal, ne pensez-vous pas contribuer à cette pollution avec tous ces voyages ?
(Rires) C'est une excellente question. Malheureusement, mon empreinte carbone ne doit pas être terrible... Mais en même temps, on est obligés pour faire les reportages. Ou alors en ULM, mais ça serait un peu compliqué...

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