En 2009, David Fincher sortait de son cerveau fertile une vertigineuse réflexion sur le temps qui passe. Un chef d'oeuvre intemporel, lui, qui disparaîtra du catalogue de Netflix le 22 octobre. Il ne reste donc plus qu'une quinzaine de jours aux abonnés pour se ruer sur "L'étrange histoire de Benjamin Button", qui, au contraire de son héros, ne possède pas la vertu de l'éternelle jeunesse. "Curieux destin que le mien" commence cette fresque romanesque du réalisateur américain ("The Social Network", "Gone Girl") lors de laquelle un homme, incarné par un Brad Pitt bluffant, vient au monde à 80 ans et s'achemine, au fil du temps, vers sa petite enfance. Le cinéaste s'est inspiré librement d'une nouvelle de Francis Scott Fitzgerald et l'a transcendée avec une mise en scène élégante, loin de ses thrillers habituels.
Plébiscité par les spectateurs d'"AlloCiné" avec une flatteuse note moyenne de 4,1 sur 5, le mélodrame fantastique est devenu un classique instantané, nominé pour treize Oscars. Il en raflera finalement trois : Meilleur maquillage, Meilleurs effets spéciaux et Meilleure direction artistique. Visuellement incroyable, le mélodrame, qui a attiré près de 2,6 millions de spectateurs dans les salles hexagonales, vaut aussi pour sa romance incroyable entre Brad Pitt et Cate Blanchett, où les sentiments et le bizarre se confrontent. Les thèmes du bonheur de vivre et d'aimer ainsi que la douleur de perdre des êtres chers sont également évoqués en profondeur.
"David (Fincher) et moi voulions que cette histoire puisse être notre histoire à tous – rien de plus qu'une vie d'homme. Ce qui affecte ce personnage hors du commun concerne en définitive chaque être humain", soulignait Eric Roth, le co-scénariste de cette production tournée à la Nouvelle-Orléans, post-ouragan Katrina.
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Le sex-symbol d'Hollywood retrouvait David Fincher pour sa troisième collaboration après "Fight Club" et "Seven". Pour vieillir le visage de l'une de ses égéries, puis le transformer numériquement au fil des scènes, le réalisateur a utilisé un système caméra nommé "Contour", développée par la firme Apple en 2006. Il s'agissait d'abord d'appliquer une poudre phosphorescente, invisible à la lumière, sur le faciès de l'acteur, avant que les ordinateurs ne se chargent de le capter en 3D, à l'aide d'un système d'éclairage et de plusieurs caméras synchronisées. Une vraie prouesse technologique pour l'époque et un effet "whaou" garanti. Douze ans après, la poudre numérique nous en met toujours plein les yeux.
