Les Français se sont massivement rassemblés dans la rue, le samedi 17 octobre. Des centaines de milliers de manifestants, partout en France, étaient bien décidés à montrer leur colère et leur mécontentement par rapport à la vie chère, mais aussi la dégradation des conditions d'apprentissage dans les lycées. Des mouvements pacifiques émaillés de violences dans les grandes villes, comme à Paris ou Marseille, où de très nombreux commerces ont été ravagés et pillés par des casseurs.
France Télévisions, a comme tous les groupes de chaînes nationales et locales, massivement commenté cette actualité depuis samedi. Dimanche 18 octobre, dans son journal de "20 Heures", Laurent Delahousse avait diffusé sur France 2 un sujet "en immersion" dans les violences du 17 octobre, un bout-à-bout d'images dépourvu de presque tout commentaire journalistique. Un reportage qui a suscité bien des interrogations du côté des téléspectateurs, qui n'ont pour certains pas compris l'intérêt de la diffusion d'un tel document, plutôt anxiogène sans précisions ni éléments de contexte. Remontées jusqu'au médiateur de France Télévisions, les interrogations des téléspectateurs ont reçu un éclaircissement de la part de Philippe Corbé, le patron de l'information de France Télévisions.
"Comme nous le faisons régulièrement dans la partie magazine du journal, après 20h40, nous avons proposé un reportage long format avec une écriture différente. Nous aurions dû être plus clairs, en contextualisant davantage, reconnaît-il dans un article publié sur le site de Franceinfo. Laurent Delahousse a bien précisé que c’était un document en immersion, mais nous aurions dû être plus lisibles dans le bandeau [qui accompagne le sujet] et donner davantage d'informations contextuelles dans le montage et le commentaire." Le directeur de l'information du groupe public estime que la distinction avait malgré tout bien été faite, dès le début de la diffusion du sujet, sur ces deux "histoires parallèles" qui évoluaient en parallèle, l'une pacifique et l'autre violente. Une précaution qui aurait sans doute mérité d'être renforcée, au vu des interrogations des téléspectateurs. "Cela n’était pas suffisant, nous ne pouvons que le regretter, et nous aurions dû être plus précis dans le montage, la contextualisation et le commentaire pour qu’il n’y ait pas de confusion", a conclu Philippe Corbé.
