"La famille Duhamel devient la ligne éditoriale de France Télévisions et de l’audiovisuel public". La colère gronde dans les locaux du groupe audiovisuel public après l'annonce de la nomination de Benjamin Duhamel aux manettes d'un nouveau rendez-vous politique à la rentrée. Dès le 30 août prochain, l'une des voix de la matinale de France Inter proposera chaque dimanche un grand entretien avec un responsable en vue de l'élection présidentielle, après le "13 Heures" de la Deux et co-diffusé sur la radio numéro 1. Ce format acte de facto la suppression, sans préavis, de "Dimanche en politique", programme présenté par Francis Letellier sur les mêmes jour et horaire sur France 3 depuis 2011. "13h15, le dimanche", le magazine de Laurent Delahousse, se voit lui décalé à 14h pour faire de la place au benjamin d'un clan bien représenté sur les antennes du service public.
Ce chamboulement sur les grilles décidé par la direction sans concertation fait donc grincer des dents au sein de la rédaction. D'autant que le journaliste de 32 ans a également intégré le casting de "L'heure de vérité", l’autre émission politique (re)lancée en septembre. Pour certains éléments cités par nos confrères de "Télérama", la coopération France Inter / France 2 est vécue comme une "fusion", destinée à produire de la radio filmée. Ce que réfute Philippe Corbé, dithyrambique quant au potentiel de sa jeune recrue. "Benjamin est l’un des meilleurs intervieweurs politiques de France et il le prouve chaque matin sur France Inter", affirme le directeur de l’information de France Télévisions. "Au moment où l’audiovisuel public est attaqué et où l’on cherche à nous affaiblir, il nous est apparu important d’unir nos deux grandes maisons pour proposer le meilleur rendez-vous possible", continue-t-il d'argumenter.
Pour autant, le remplaçant d'Alexandre Kara devrait rencontrer une partie de la rédaction en début de semaine prochaine pour apaiser les tensions. Tensions qui concernent plus le mode de recrutement externe que le profil du nouveau disciple. "Nous n’avons rien contre Benjamin Duhamel, très bon journaliste par ailleurs, mais, pour notre rédaction, il est très difficile de voir la Coupe du monde qui arrive et de ne pas être sélectionné pour les matchs", avance Valéry Lerouge à la SDJ, filant la métaphore entre foot et politique en cette période de Coupe du monde.
À lire aussi : "Ce n'est pas moi qui ai casé mon fils" : Nathalie Saint-Cricq répond à ceux qui l'accusent d'avoir pistonné Benjamin Duhamel
Au début de l'été dernier, les syndicats de Radio France s'étaient opposés à l'arrivée du transfuge de BFMTV. Alors qu'il avait été choisi pour incarner l'interview de 7h50 dans la matinale de France Inter, Benjamin Duhamel devait conserver en parallèle ses deux rendez-vous sur la chaîne d'info en continu. Mais ce cumul des postes avait été dénoncé par la société des journalistes du groupe public, laquelle s'était targuée d'un communiqué sur les réseaux sociaux pour inciter le journaliste à effectuer un choix entre les deux médias. Ce que le fils de Nathalie Saint-Cricq avait été forcé de faire, refermant son aventure sur le canal 13 de la TNT.

player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2