Les penaltys ne sont pas les seuls à faire débat depuis le coup d'envoi de la Coupe du monde 2026. La réalisation des rencontres, produite par Host Broadcast Services (HBS) pour le compte de la FIFA et diffusée en France via M6 et beIN Sports, se retrouve elle aussi sous le feu des critiques. Selon "L’Équipe", plusieurs observateurs pointent une perte de lisibilité du jeu. Une situation qui s'explique en partie par la configuration des stades nord-américains, conçus à l'origine pour les sports américains, mais aussi par certains choix de réalisation.
"Un plan de production précis et complet a été élaboré qui garantit une continuité et une homogénéité pour la retransmission en direct", assure pourtant la FIFA auprès du journal sportif. "Les opérations de production ont été optimisées en investissant dans les dernières innovations technologiques afin de proposer une couverture inédite de l'action et des émotions. Chaque match bénéficie d'un dispositif de caméras standard avec un maximum de 45 pour la phase de groupes et jusqu'à 50 pour les matches à élimination directe."
Des arguments qui ne convainquent pas François-Charles Bideaux, ancien directeur de la production des contenus sports de Canal+ et réalisateur de quatre Coupes du monde entre 1998 et 2010, interrogé par "L’Équipe". "HBS a supprimé des caméras d'axe traditionnellement placées en tribunes à mi-hauteur, entre la ligne des 5,5 mètres et le poteau de corner. On a brisé un standard historique."
L'ancien réalisateur cite notamment le penalty réclamé par Kylian Mbappé lors de France-Sénégal (3-1), dont l'examen vidéo a nécessité plusieurs minutes. "Ce manque flagrant d'images pertinentes a provoqué un 'court-circuit total' sur cette action litigieuse", juge-t-il. Il ajoute : "Ces restrictions techniques provoquent aussi un 'trou noir' visuel du VAR. Le temps d'attente s'étend d'autant plus pour devenir interminable sur des fautes aux preuves visuelles indiscutables."
La FIFA réfute pourtant toute régression : "Nous n'avons supprimé aucun angle de prise de vue par rapport aux événements précédents. Au contraire, nous réalisons les plus grands angles de caméra jamais effectués pour un tournoi de football. Nos caméras sont positionnées dans le stade et autour du terrain afin d'offrir aux téléspectateurs les meilleurs angles de vue possible."
Autre sujet de discorde : la place accordée aux nouvelles technologies immersives. Caméra embarquée sur l'arbitre ? Selon la FIFA, le dispositif "permet de combler le fossé entre le point de vue de l'arbitre et la compréhension par le public des décisions prises par les officiels". "(...) Des plans isolés spectaculaires mais s'avèrent inutiles pour suivre la construction collective", critique pourtant François-Charles Bideaux. "C'est parfois plaisant mais sur la supposée faute, on ne voyait rien. C'était trop loin et ça 'tremblait' trop. On en est donc réduit à diffuser des images qui ne montrent rien !" Selon lui, en outre, "plusieurs caméras filment au format vertical pour les réseaux sociaux (TikTok, YouTube) sans jamais enrichir le direct télé".
© M6, /FIFA
À ces critiques sur la réalisation s'ajoute une autre frustration pour les téléspectateurs français : la qualité d'image. Selon "Numerama", alors que la compétition est bien produite en 4K HDR par HBS pour la FIFA, ni M6 ni beIN Sports ne proposent cette qualité optimale en France. BeIN Sports diffuse l'intégralité du tournoi en Full HD tandis que M6 se limite à un flux 4K SDR, sans HDR. Une situation d'autant plus frustrante que plusieurs pays européens, comme l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie ou le Royaume-Uni, bénéficient bien d'une diffusion en 4K HDR.
Organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique, cette 23e édition de la Coupe du monde constitue un véritable défi logistique et financier. Pour la première fois, la compétition rassemble 48 sélections, contre 32 auparavant, portant le nombre total de rencontres à 104, contre 64 lors des éditions précédentes. En France, M6 retransmet 54 matches, dont toutes les rencontres de l'équipe de France, les demi-finales et la finale, tandis que beIN Sports diffuse l'intégralité du tournoi. Pour s'offrir ces droits au détriment de TF1, diffuseur historique du Mondial depuis 1975, le groupe M6 aurait consenti un investissement estimé à près de 120 millions d'euros.

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