C'est un pari qui s'est révélé payant. Les 26 et le 27 juillet, Jean-Baptiste Marteau n'était pas dans les studios de France Télévisions pour présenter le journal de "20 Heures", mais en Gironde, département alors ravagé par des incendies monstres depuis quelques jours. Pour lui donner la parole depuis les studios, France 2 avait dépêché Julien Benedetto. Deux éditions spéciales qui ont été massivement suivies, avec 4,95 millions de téléspectateurs le 26 juillet, et 28% de part d'audience, et 3,80 millions de curieux le lendemain en P1 (24,2% de part d'audience).
Salué pour sa couverture des incendies depuis la Gironde, Jean-Baptiste Marteau est revenu, pour "Télé-Loisirs", sur le montage en urgence de cette opération. "Entre jeudi soir et vendredi matin, quand on a vu l'ampleur que prenait l'incendie. Après 24 heures de réflexion, la direction me l'a proposé le samedi après-midi, a raconté le journaliste. [...] Je viens du reportage donc j'ai tout de suite accepté ce challenge. Au départ, on ne savait pas trop où on allait mettre les pieds. Ça a été extrêmement fort. J'ai eu le sentiment que nous étions à notre place et à la hauteur de ce que l'on doit proposer au public." Sur place, le présentateur du "20 heures" a été accompagné par seulement deux caméras, pour être mobile et ne pas entraver le travail des pompiers.
"Nous avons eu très peu de temps pour nous décider. Nous avons acté le dispositif à 17 heures le samedi, et je partais le lendemain à 8 heures. Dans la foulée, nous avons choisi d'aller au Porge car ce village avait été en partie brûlé, sans vraiment savoir ce que nous allions trouver, a relaté Jean-Baptiste Marteau, qui explique avoir avancé un peu à l'aveugle. Nous avons écouté beaucoup de gens pour voir ce qu'il était possible de faire et qui faire témoigner en fonction de l'évolution de la situation. À 18 heures, soit moins de 2 heures avant le JT, nous avons décidé d'un endroit, des intervenants et lancé les reportages. Le lundi soir, nous avons fait 50 minutes d'antenne et je n'ai jamais aussi peu écrit un journal. J'ai réussi tout au plus à passer une heure derrière mon ordinateur à préparer des textes, quand d'habitude je mets plus de la moitié de la journée à le faire. Je savais globalement quoi dire, où aller et qui interviewer. Le reste s'est fait au feeling." Heureux des bonnes audiences de ces éditions, qui "récompensent le travail acharné des équipes", le journaliste estime néanmoins que les chiffres "n'étaient pas la priorité". "Savoir que notre travail a du sens et résonne auprès du public apporte une vraie satisfaction supplémentaire à toute la rédaction", a-t-il conclu.