L'avenir n'est pas rose pour les fictions sur France Télévisions. Depuis plusieurs mois maintenant, le groupe audiovisuel public ne s'en cache pas : il doit réaliser plusieurs dizaines de millions d'euros d'économies. Après avoir sacrifié plusieurs émissions ("Flavie en France", "Duels en famille", le zapping "Vu"...), le groupe dirigé par Delphine Ernotte va aussi devoir trancher dans le vif au niveau des fictions. Anne Holmes, directrice de la création, avait estimé en juillet que cet effort allait correspondre à la suppression de l'équivalent de "8 à 9 soirées par an à coût moyen". Les séries "classiques" allaient sans doute en faire les frais, avec l'arrêt de fictions fonctionnant pourtant bien au profit de la production de mini-séries, le format désormais privilégié.
Invité de l'émission "Votre télé et vous" du médiateur de France Télévisions, le directeur des antennes et des programmes Stéphane Sitbon-Gomez est revenu sur ce contexte de restrictions budgétaires. "On a fait des économies les trois dernières années sur ce que l'on appelle le flux, les jeux, les émissions, parce que l'on voulait préserver les programmes de création, la fiction et l'information, a-t-il rappelé. On a toujours cherché à protéger la fiction. Mais, je dois vous dire que je pense que je ne vais pas pouvoir faire ça l'année prochaine. On a tellement baissé le flux et on a une nouvelle coupe budgétaire qui s'annonce encore pour 2027. Donc pour la première fois, on va devoir baisser notre budget de fictions. Et ça, pour le coup, je pense que c'est dommage pour les téléspectateurs et derrière il y a des artistes, des comédiens, des scénaristes [...] qui aujourd'hui font un travail exceptionnel en France, et qui va être ralenti."
Interrogée par "Le Monde" il y a quelques semaines, la présidente de France Télévisions Delphine Ernotte avait déjà tiré la sonnette d'alarme sur les restrictions budgétaires imposées à France Télévisions. "Après avoir retranché 80 millions d’euros à notre dotation l’an dernier, ce sont encore 47 millions d’euros qui nous sont retirés pour 2027. Si on ajoute l’inflation et le manque à gagner publicitaire, ce sont 200 millions qui, sur trois ans, manquent à l’appel, avait-elle indiqué. Je tire la sonnette d’alarme sur la sauvegarde de notre modèle culturel. Ce qui se dessine, c’est que les plateformes étrangères consentiront bientôt les plus gros investissements dans la création française. Est-ce qu’on souhaite cette forme de vassalisation ?", avait-elle ajouté, précisant que tous les leviers allaient être actionnés, notamment la non-reconduction de diffusion de certaines compétitions sportives.
