90 millions d'euros. C'est la somme qui viendra à manquer à France Télévisions en 2027, a confié Delphine Ernotte, la dirigeante du groupe audiovisuel public, dans un entretien accordé au "Monde". Si elle va bien devoir, comme annoncé, trancher dans les effectifs, la patronne envisage également d'aller chercher les économies sur les programmes et l'investissement dans la création, une tendance déjà largement amorcée en 2026. "Cela fait des mois qu’on discute avec l’État pour éviter ce qui se produit aujourd’hui : des missions inchangées mais un budget qui baisse encore, a déploré Delphine Ernotte auprès du "Monde". Après avoir retranché 80 millions d’euros à notre dotation l’an dernier, ce sont encore 47 millions d’euros qui nous sont retirés pour 2027. Si on ajoute l’inflation et le manque à gagner publicitaire, ce sont 200 millions qui, sur trois ans, manquent à l’appel."
Une fois ce constat alarmant dressé, que faire ? "Je tire la sonnette d’alarme sur la sauvegarde de notre modèle culturel. Ce qui se dessine, c’est que les plateformes étrangères consentiront bientôt les plus gros investissements dans la création française. Est-ce qu’on souhaite cette forme de vassalisation ?", avertit Delphine Ernotte. Pour faire face aux 90 millions d'économies prévues pour 2027, elle prévient qu'il va falloir faire de nouveaux efforts, après la suppression en 2026 de plusieurs programmes, qu'il s'agisse d'émissions de flux ou de fictions. "Nous allons agir partout. Nous allons continuer à renégocier les coûts des programmes et les droits sportifs. Certaines compétitions ne seront peut-être pas renouvelées, comme la Coupe de France de football par exemple", a-t-elle notamment avancé.
La compétition de football, qui était historiquement diffusée en clair sur France Télévisions, pourrait donc disparaître de ses grilles pour ne rester diffusée que sur beIN Sports. Selon les informations de "L’Équipe", le groupe public avait tenté, il y a plusieurs mois, de diviser la somme pour l'acquisition des droits de diffusion de la Coupe de France de football par deux, pour passer d'un contrat de 8 à 4 millions. Une proposition qu'aurait déclinée la Fédération Française de Football (FFF), actant sans doute la décision de Delphine Ernotte de désormais passer son tour.