Les journalistes de BFMTV ne se sentent plus en sécurité lors de certains déplacements sur le terrain. Depuis plusieurs semaines, les reporters de la chaîne de la TNT se retrouvent pris pour cible lors de leurs reportages, notamment ceux organisés en marge des blocus des lycées ou des manifestations contre la vie chère. "Aujourd'hui, nos équipes sont parfois prises à partie et je trouve que c'est très inquiétant pour la démocratie, avait confié à ce sujet à "Puremédias" la journaliste Apolline de Malherbe il y a quelques jours. J'ai vu nos équipes être exfiltrées de manifestations, je trouve que c'est dramatique et j'attends des journalistes mais aussi des politiques qu'ils s'en emparent."
Quelques jours plus tard, l'inquiétude des équipes n'est pas retombée. Dans une enquête réalisée par "TVMag", un journaliste de BFMTV confie que les équipes envoyées sur le terrain pour couvrir l'actualité sociale du pays travaillent désormais différemment. "Lors des reportages sur le mouvement, les micros ne sont plus siglés. Pour ne pas être pris à partie", a ainsi confié la source. Un collègue déplore la situation dans laquelle se trouvent aujourd'hui les journalistes de BFMTV, fréquemment visés par des pancartes aux messages injurieux ou des intimidations car considérés comme véhiculant une ligne éditoriale jugée "raciste". "Ce n’est pas ce que la rédaction est. Je ne connais pas de raciste à BFM. Au contraire, tous les gens de terrain comme les équipes des émissions sont engagés contre", assure-t-il.
Depuis la rentrée 2026 et l'arrivée sur l'antenne du canal 13 de Sonia Mabrouk, ex-figure de CNews, la chaîne est critiquée pour une évolution de sa ligne éditoriale. En septembre, agacé par le traitement de ses représentants à l'antenne, La France Insoumise avait décidé de boycotter la chaîne, dénonçant au passage "le développement d'une ligne éditoriale de plus en plus consacrée [aux thèmes de l'extrême-droite]". Samedi 24 octobre, au micro de la chaîne, Jean-Luc Mélenchon avait pris à partie un journaliste de la chaîne info, lui lançant en marge de la manifestation parisienne : "Et vous, BFM, commencez à vous calmer sur les remarques racistes de toute sorte, parce que ça commence à bien faire."
"[BFMTV] dénonce les accusations sans fondement proférées depuis 48 heures contre son antenne et ses journalistes, victimes d'une campagne de dénigrement publique notamment autour de Sonia Mabrouk", avait rapidement réagi la chaîne du groupe CMA Média dans un communiqué. "Le racisme décomplexé, qui a désormais place nette sur notre antenne, a des conséquences directes et irrémédiables sur notre société", avaient de leur côté estimé en fin de week-end dernier les syndicats SNJ et CGT de RMC-BFM.
