"C'est absolument inouï". Lundi matin, durant son émission "Apolline de 9 à 10" sur BFMTV, Apolline de Malherbe a dénoncé les comportements de certains manifestants aux abords des lycées affichant ouvertement leur détestation des médias, mais en faisant passer leur message grâce à ces mêmes médias.
"Ça, c'est un bon classique. Alors précisément que nous sommes en train de montrer ce qu'il se passe, de donner la parole aux lycéens, il y a marqué 'médias = diffamation'. Je vous laisse juger, mais je trouve ça toujours assez inouï. C'est notre caméra qui est là, de manière calme, qui montre les panneaux, et ces panneaux sont désormais pour nous insulter. Je trouve que c'est absolument inouï quand on regarde ce qu'il se passe là. On a d'un côté notre journaliste qui est sur place, à Lille, montre ce qui se passe, parle des revendications et se prend des bouteilles de verre, et de l'autre le lycée Turgot, où des étudiants à qui on donne la parole, que l'on montre... leurs panneaux ne sont pas contre le problème des politiques mais contre les médias...", a-t-elle déploré à l'antenne.
Interviewée ce mardi par Puremédias, la présentatrice de la matinale de RMC est revenue sur cet épisode et plus largement sur la défiance d'une certaine frange de la population envers les médias, qui se traduit dans les cas les plus graves par des agressions de journalistes, comme cela a été le cas la semaine dernière, en marge des blocus de lycées. "Moi j'ai fait la campagne de François Hollande en 2012 en tant que reporter et je n'ai jamais eu peur sur le terrain", rappelle-t-elle. "Aujourd'hui, nos équipes sont parfois prises à partie et je trouve que c'est très inquiétant pour la démocratie", ajoute la journaliste.
"J'ai vu nos équipes être exfiltrées de manifestations, je trouve que c'est dramatique et j'attends des journalistes mais aussi des politiques qu'ils s'en emparent", poursuit Apolline de Malherbe en faisant référence aux agressions de plusieurs journalistes de différents médias survenues la semaine dernière : "Parce que ce n'est pas un problème de BFMTV car plein d'équipes, de M6, de LCI... ont été prises à partie. C'est un problème de rapport à la démocratie, à la liberté. Tout le monde ne pense pas la même chose mais c'est la vie". Elle est ensuite revenue sur son coup de gueule de la veille : "Quand je réagis comme ça (à l'antenne, ndlr), c'est parce quand ce jeune montre sa pancarte 'médias=diffamation', il la montre à notre caméra. C'est quand même assez cocasse d'utiliser les médias pour faire passer son message... Ça veut dire qu’il considère que les médias donnent l’information puisqu’il utilise notre vecteur pour donner son information et on lui donne la parole".
Avant d'évoquer plus généralement la violence de ceux à qui les micros sont tendus. "La semaine dernière, quand les équipes sont insultées et violentées dans des manifestations, le cameraman de M6 est projeté au sol, on voit la vitre de sa caméra qui se brise. Quand il se passe ça, il est dans une manifestation, il est en train de donner la parole aux manifestants, c'est ça qui m’interroge. On leur donne la parole. L'idée de manifester une forme de violence vis à vis de ceux qui vous donne la parole... C'est assez contradictoire", conclut Apolline de Malherbe.
