Stéphane Bern : "Je suis RTL compatible"

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Stéphane Bern : "Je suis RTL compatible"
Stéphane Bern, aux commandes de "A la bonne heure" sur RTL.
Stéphane Bern, aux commandes de "A la bonne heure" sur RTL. © DR, RTL
Transfuge de France Inter, Stéphane Bern est depuis lundi aux commandes de "A la bonne heure" sur RTL, chaque jour de 11h à 12h30. Nouveaux chroniqueurs, nouveau studio et nouvelle maison : il livre pour puremedias.com ses premières impressions.

Transfuge de France Inter, Stéphane Bern est depuis lundi aux commandes de "A la bonne heure" sur RTL, chaque jour de 11h à 12h30. Nouveaux chroniqueurs, nouveau studio et nouvelle maison : il livre pour puremedias.com ses premières impressions.

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"Il y a un climat chaleureux, ça me change !"

Voilà une semaine que vous êtes à l'antenne de RTL avec "A la bonne heure" de 11h à 12h30. Quel premier bilan faites-vous ?

C'était une semaine extrêmement riche, beaucoup d'invités très forts, de Jack Lang à François Bayrou. Francis Huster, Amélie Nothomb, l'affaire DSK... On a traité un peu de tout. Il y a déjà à la fois de l'humeur et de l'humour, je suis content. Je crois qu'après cette première semaine de rodage, on a le sentiment que ça sent bon, il y a un bon climat qui s'est installé.

France Inter vous manque ou vous avez tourné la page ?

Moi je ne regarde jamais dans le rétroviseur ! J'ai passé onze années formidables à Inter mais c'est mon passé, c'est derrière moi, j'avais envie de tourner la page. Je l'ai complètement tournée, à moi de faire mon trou et de relever ce défi difficile à RTL. On m'aide énormément ! Il y a un climat extrêmement chaleureux, sympathique, ça me change (rires). Les gens sont accueillants, ouverts, il y a encore beaucoup de choses que je dois apprendre. Notamment le rythme, beaucoup plus soutenu du fait de la présence de la pub. Mais ce que je fais me plaît plutôt et j'ai l'impression que ça plaît aux gens qui m'emploient, c'est déjà un bon point.

Qu'est ce qui changé pour vous à part la couleur des murs et l'adresse ?

L'émission me ressemble, forcément, ceux qui m'aimaient avant pourront continuer à m'aimer de la même façon. C'est une émission avec de l'impertinence, de l'humour, des chroniqueurs, un invité : cela ne change pas vraiment de ce que je faisais sur Inter. Mais je crois qu'on ne fait bien que ce qu'on sait faire. Ce qui change, c'est le rythme, la convivialité aussi : c'est moins théâtral, comme c'était le cas au studio 106 avec un public très loin et nombreux. Là, c'est un public plus proche dans le grand studio RTL, on s'entend mieux et je suis vraiment aux manettes, je suis beaucoup plus présent que je ne l'étais.

"Je ne compte pas être le premier tout de suite mais j'ai bon espoir si on me laisse quelques mois pour m'installer".

Vous passez du public au privé. L'enjeu n'est pas le même, la pression non plus ?

Bien sûr que la pression est importante, ce serait idiot de le nier. J'espère d'abord faire une bonne émission. Je ne me suis pas installé du jour au lendemain sur le trône de France Inter pendant onze ans en étant leader. Je ne compte pas être le premier tout de suite mais j'ai bon espoir si on me laisse quelques mois pour m'installer.

Les auditeurs ont-ils tous compris que vous changiez de crèmerie ?

Je n'en sais rien, personne n'est propriétaire de ses auditeurs. Il y a des auditeurs qui sont publiphobes, ils n'iront donc pas m'écouter sur RTL. Mais je remarque un élément encourageant : hier (jeudi), il y avait le retour de Didier Porte, c'est l'émission qui a été le plus podcastée en France. Ce qui veut dire aussi que les auditeurs d'Inter peuvent télécharger mon émission sans pub : ils auront une émission qu'ils ont l'habitude d'entendre et qu'ils aiment. Maintenant à moi d'essayer d'en conquérir le maximum, de garder les auditeurs de RTL et d'aller en chercher de nouveaux. En faisant en sorte que ce rendez-vous de culture et de rire s'installe au fil des semaines.

Vous avez fait revenir Didier Porte, viré de France Inter. C'était jouissif de le récupérer un an après son éviction à laquelle vous vous étiez opposé ?

Il y avait surtout une certaine logique de ma part ! Je l'ai défendu, je n'ai pas compris son éviction, je m'y suis opposé. J'ai menacé de partir à ce moment-là, je pars un an après, la moindre des choses est d'être fidèle à ses engagements, non ? De la même façon, Eric Naulleau était sans domicile fixe. Moi j'aime bien les esprits frondeurs. Et vous savez, Porte et Naulleau ne m'ont jamais épargné. Mais moi j'aime ça, les gens qui ont des avis tranchés, même si c'est à mon détriment, au moins ils assument leurs convictions.

Vous êtes un peu maso sur les bords...

Ce n'est pas du masochisme, je ne suis pas d'accord avec eux mais je ne suis pas d'accord pour qu'ils ne puissent pas s'exprimer.

"Il n'y a eu aucune consigne, aucun interdit. Juste de respecter les auditeurs".

Leur a-t-on donné une feuille de route pour éviter tout dérapage ?

Il n'y a eu aucune consigne, aucun interdit. Juste de respecter les auditeurs et d'être bienveillants avec eux, ce que je suis naturellement. C'est pour ça qu'on m'a fait venir, je suis RTL compatible. Je vous dis encore mieux : l'impertinence est sur RTL ! Régis Mailhot le matin à deux reprises, Laurent Gerra, Philippe Bouvard et "Les Grosses têtes". Et je peux vous dire qu'on balance aux Grosses Têtes ! RTL n'a rien à craindre d'un trop plein d'humour et d'impertinence.

C'est une année présidentielle excitante pour les humoristes. Est-elle aussi à hauts risques pour eux ?

Il faut savoir que je n'ai donné aucune consigne aux chroniqueurs, je ne lis pas leurs chroniques, cela ne m'intéresse pas, je veux être surpris à l'antenne ! Et s'il y a des dérapages, je saurai réparer sur le moment avec du mercurochrome et des pansements. Chacun a aussi le sens de la responsabilité. C'est une année excitante, mais angoissante aussi. Et on a besoin de rire, d'évacuer ces tensions qu'on ressent tous. Donc une heure et demie de bonne humeur, c'est toujours bon à prendre. Les humoristes vont pouvoir s'en donner à coeur joie parce que franchement, quand ce n'est pas la vie politique, ce sont les hommes politiques eux-mêmes qui prêtent le flanc à des comportements ridicules.

"Il y a un esprit français, qui est vif, mordant, acide. On doit le préserver, c'est bon pour une démocratie".

Vous pensez à qui précisément ?

L'affaire DSK a révélé quand même une bonne part d'hypocrisie de la part des uns et des autres. Je crois que les humoristes ont pu largement commenter l'événement. On fait son miel de tout. Il y a un esprit français qu'on ne doit pas perdre. Un esprit impertinent mais qui repose aussi sur la culture et l'intelligence. Et ça, on doit le préserver. Moi je sais aller dans la gauloiserie, dans la grivoiserie aussi. Mais l'esprit français, qui est vif, mordant, acide, on doit le garder. C'est bon pour une démocratie.

En télé, "Secrets d'histoire" a bien marché cet été, l'émission sera-t-elle plus récurrente la saison prochaine ?

Oui, ça a bien marché, entre 3,5 et 4 millions de téléspectateurs, ce qui est quand même une audience formidable. Il va y avoir un spécial sur l'Elysée le 17 septembre prochain à l'occasion des journées du patrimoine. 3 000 personnes peuvent visiter l'Elysée chaque année et grâce à "Secrets d'histoire", ce sera 3 millions ! Ensuite il est question qu'on m'en donne plus pour l'année prochaine. J'aimerais qu'il y ait une plus grande régularité , toutes les semaines sans interruption ! Mais si j'ai 10 primes dans l'année, je suis heureux.

"Sur France 2, on attend qu'il y ait du fond !"

"Secrets d'histoires" a été l'un des succès de l'été dans une grille qui s'est effondrée. Il n'y a que les valeurs sûres qui marchent ?

Je crois que sur France 2, on attend du contenu, on attend qu'il y ait du fond ! On peut se divertir mais on doit se divertir avec un peu de culture, c'est la mission du service public. Et il faut être légitime dans ce qu'on fait. J'ai présenté par le passé des émissions qui n'ont pas toujours bien marché parce que je n'étais pas légitime dans cet exercice. Je reviens aussi la semaine prochaine dans "Comment ça va bien ?", tous les jours. Et c'est vrai que les après-midi de France 2 étaient un peu compliqués ces derniers temps, on a relevé le pari en un an et demi, je crois qu'on attend notre retour avec grande impatience.

Patrick Sébastien dézingue encore une fois ses patrons dans la presse cette semaine. Et vous, quelle est la nature de vos relations avec la direction de France Télévisions ?

Moi, je n'ai aucune raison de me plaindre, je suis plutôt bien traité. Mais je n'ai pas toujours besoin qu'on me dise qu'on m'aime... Je ne suis pas demandeur d'amour. Mais on connaît Patrick, c'est quelqu'un de très sensible, chaleureux. Je peux comprendre qu'il ait besoin qu'on lui dise qu'on l'aime. Moi je lui dis mais ça ne lui suffira peut-être pas ! C'est quelqu'un qui est authentiquement populaire avec beaucoup de fond, il a particulièrement sa place sur le service public.

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