Tribune co-signée par Catherine Deneuve : Le médiateur du "Monde" révèle les coulisses mouvementées

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Tribune co-signée par Catherine Deneuve : Le médiateur du "Monde" révèle les coulisses mouvementées
Catherine Deneuve
Catherine Deneuve © Abaca
Le médiateur du "Monde" fait état notamment de quelques maladresses dans la manière dont a été présentée cette tribune, surtout sur internet.

Fallait-il publier ou non un texte allant à l'encontre des valeurs du journal ? Dans une chronique publiée ce samedi sur le site du "Monde", le médiateur Franck Nouchi, se pose cette question et y répond, avec force témoignages des membres de la rédaction. La publication mercredi d'une tribune co-signée par 100 femmes, dont des personnalités de premier plan comme Catherine Deneuve, a entraîné une vive polémique, relayée par l'ensemble des médias. Selon Nicolas Truong, le responsable des pages débats dans lesquelles la tribune a été publiée, l'écrivaine Catherine Millet l'a contacté dès le vendredi 5 janvier pour lui faire part de ce texte collectif, qu'elle souhaitait voir publié. Et ce n'est que le lundi suivant, à la faveur d'un nouveau coup de fil, qu'elle l'a prévenu de la volonté de Catherine Deneuve de signer la tribune.

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"Impact maximum garanti"

"Avec cette signature connue dans le monde entier, l'affaire change de nature. Impact maximum garanti", écrit le médiateur. Décision est prise de publier le texte dans les pages "Débats" au sein d'une double page thématique, avec deux autres tribunes consacrées à l'analyse du phénomène du harcèlement. "Avant même la publication de cette double page, nous avions publié plus d'une dizaine de manchettes, une quarantaine d'enquêtes, reportages et analyses portant sur ces sujets de harcèlement", rappelle le directeur de la rédaction, Luc Bronner.

Le quotidien du soir a même créé une "task force" menée par deux journalistes, Sylvie Kauffmann et Hélène Bekmezian, chargée d'enquêter sur les phénomènes de harcèlement sexuel. Pour Sylvie Kauffmann, ce texte signé par des personnalités extérieures devait être publié. Mais elle relève la difficulté pour les journalistes de traiter de la question en France. "Contrairement à ce qui se passe aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni, en France les pouvoirs se protègent", affirme-t-elle.

Un titre plus provocateur sur internet que sur le papier

Reste que cette tribune, mise en ligne mardi, quelques heures avant la publication papier, n'a pas été bien accueillie par une partie des lecteurs, mais surtout des internautes. Le médiateur reconnaît même que le titre choisi pour la publication sur internet : "Nous défendons une liberté d'importuner, indispensable à la liberté sexuelle" était "plus provocateur que sur le papier". La plupart ont interprété cette tribune comme une prise de position du journal "Le Monde" et même comme un article écrit par la rédaction. "Cette affaire semblerait donc avoir révélé l'existence d'une césure entre les adeptes des réseaux sociaux et les abonnés du Monde", résume le médiateur.

La rédactrice en chef du Monde.fr reconnaît un besoin de plus grande pédagogie, préalable à la publication de ces points de vue. "Sur nos supports numériques, les tribunes doivent être mieux différenciées des articles", résume Delphine Roucaute. Le directeur de la rédaction assure que des améliorations seront apportées prochainement.

"Une liberté d'importuner"

Publiée dans l'édition datée du mercredi 10 janvier, cette tribune initiée par un collectif de 100 femmes déplorait en substance que les révélations post-affaire Weinstein aient eu pour effet de considérer l'ensemble des hommes comme des prédateurs en puissance. "Nous sommes suffisamment averties pour admettre que la pulsion sexuelle est par nature offensive et sauvage, mais nous sommes aussi suffisamment clairvoyantes pour ne pas confondre drague maladroite et agression sexuelle", écrivaient-elles notamment, défendant "une liberté d'importuner, indispensable à la liberté sexuelle". Cette prise de position a suscité de nombreux débats, comme sur BFMTV mercredi où Brigitte Lahaie a choqué en affirmant qu'on pouvait "jouir lors d'un viol", avant de reconnaître des propos maladroits et de s'excuser.

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