L'arbre qui cache la forêt. Le Syndicat national des journalistes (SNJ) de France Télévisions a déploré, ce mardi 14 octobre 2025 dans un communiqué, "une faute impardonnable" après que Julian Bugier et Léa Salamé ont confondu la veille dans un lancement les "histoires tragiques" des enseignants Dominique Bernard et Samuel Paty : "tous deux assassinés et victimes de l'islamisme radical ; Dominique Bernard le 13 octobre 2023, Samuel Paty le 16 octobre 2020". Mais, a (tardivement) corrigé France Télévisions via un message posté sur X dans la soirée de ce lundi par le compte de Franceinfo, "Dominique Bernard n’a pas été, contrairement au professeur Samuel Paty, assassiné pour avoir présenté des caricatures de Mahomet à ses élèves".
"Que leur famille, leurs proches, acceptent nos excuses", a écrit le SNJ en ouverture du communiqué dénonçant "une faute grave commise par les présentateurs du '13 Heures' et du '20 Heures'". Et de s'interroger : "Comment la même erreur, grossière, a-t-elle pu être commise deux fois le même jour ?".
Elle est, l'assure le SNJ, "révélatrice de dysfonctionnements internes très inquiétants". Par conséquent, "nous demandons d'urgence au directeur de l'information (Alexandre Kara, ndlr) de recevoir les organisations syndicales pour évoquer les suites à donner à ce terrible affront journalistique fait aux familles endeuillées et à notre public. Sans parler du discrédit que cela jette sur notre rédaction".
Anticipant les critiques, Alexandre Kara a, dans un mail envoyé quelques heures plus tôt à la rédaction que Puremédias a pu consulter, recadré la rédaction de France Télévisions au lendemain de cette "erreur d'importance". "Nous allons analyser la chaîne des événements qui a conduit à ce ratage", a poursuivi Alexandre Kara qui cherchera sans doute à éclaircir les raisons pour lesquelles cette erreur n'a pas été corrigée entre le "13 Heures" et le "20 Heures". "Ce type d'erreur ne peut pas se reproduire", a encore estimé le cadre du service public avant de rappeler "l'ensemble des équipes rédactionnelles à une vigilance renforcée".
"Ce ne sont pas des excuses sur les réseaux sociaux (France Télévisions s'est excusé ce lundi 13 octobre dans un message posté sur le compte X de Franceinfo, ndlr) ou dans les éditions concernées (voir la vidéo en tête d'article) qui suffiront", rétorque le SNJ du groupe audiovisuel public. "Un bandeau ou une 'Riviera à Gaza' avaient amené des sanctions sur lesquelles nous ne reviendrons pas. Mais là, un simple communiqué ou un mail envoyé aux équipes ne peut effacer une telle faute".
Le SNJ fait ici référence aux "dérapages éditoriaux" reconnus par Alexandre Kara en début d'année. Le samedi 25 janvier 2025, sur Franceinfo, dans le cadre de la trêve conclue à Gaza, 200 détenus palestiniens libérés par Israël avaient, pour rappel, été qualifiés "d'otages" dans un titre diffusé à l'écran dans "Le 17h/20h". La chaîne avait présenté ses excuses et une enquête interne avait été diligentée. Le journaliste jugé responsable de ce titre avait été provisoirement suspendu.
Quelques jours plus tard, le mercredi 5 février 2025, une séquence de "L'heure américaine", présentée par Julien Benedetto, avait provoqué un vif émoi. Sans prise de distance, des invités dont un professionnel de l'hôtellerie avaient débattu concrètement de la possibilité de transformer Gaza en "Côte d'Azur", comme suggéré par le président américain Donald Trump. Franceinfo et France Télévisions avaient condamné "une séquence totalement inappropriée et regrettable", supprimée du site de la chaîne. À l'issue de ces séquences, Laurent Delpech, visé par une motion de défiance de la rédaction, avait été remplacé par Muriel Pleynet à la tête de Franceinfo.

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