Le monde littéraire est secoué par l'affaire Thélyson Orélien, accusé d'avoir eu recours à l’intelligence artificielle pour écrire son roman "C’était ça ou mourir", en lice pour le prix Goncourt. Dans "C ce soir", Karim Rissouli s'est emparé de cette polémique pour débattre avec ses invités autour de la question du label "écrit à la main" sur les couvertures de livres. Mais, pendant l'émission, l'animateur de France 5 s'est risqué à un aparté en comparant l’écrivain canado-haïtien, sensation de cette rentrée, avec Virginie Grimaldi, l'une des romancières les plus lues du monde. "Il y a une autrice qui s'appelle Virginie Grimaldi, qui n'a pas grand chose à voir avec Thélyson Orélien, qui fait une littérature populaire, qui vend énormément...", a-t-il lancé avant de relayer le point de vue de l'autrice de "Plus grand que le ciel" sur cette controverse.
Mais cette analogie n'a pas été appréciée par la concernée, d'ordinaire pas prompte à réagir à "ces petites manifestations de mépris" auxquelles elle dit s'être "presque habituée". Dans un long message partagé sur Instagram, avec l'extrait à l'appui, la romancière bordelaise a dénoncé le dédain élitiste dont elle et ses lecteurs font l'objet en raison du succès populaire de ses ouvrages. "Je devrais vous dire que ça ne me touche pas, et souvent c’est le cas. Ce n’est pas un milieu que je courtise, je n’ai aucune volonté de leur plaire", affirme-t-elle dans un premier temps. Avant de défendre le genre "feel-good" de ses écrits : "Mais ces comportements, ces phrases, m’atteignent parfois, par ce qu’ils révèlent de la société. Je porte un regard sans concession sur mes écrits, et je suis la première à leur trouver des défauts, mais je ne crois pas qu’ils méritent ce traitement".
Pour Virginie Grimaldi, cette condescendance est d'autant plus injustifiée qu'elle émane de spécialistes qui n'ont pas ouvert une page de ses bouquins, ou qui critiquent pour le seul plaisir de critiquer. "Il m’est arrivé d’échanger avec certaines de ces personnes. Il s’est vite avéré qu’elles n’avaient jamais lu une de mes lignes. Je ne dis pas que c’est le cas de tous. On a tout à fait le droit de ne pas aimer ce que j’écris", assure-t-elle. "Je dis qu’il y a une nette différence entre critiquer et mépriser. J’aimerais ne pas y voir du mépris de classe, mais que voulez-vous. En plus de mal écrire, voilà que je me mets à mal voir".
Dans une interview accordée au "Parisien" pour ses 10 ans de carrière, l'écrivaine avait déjà fait part de son ressenti concernant l'indifférence de certains journalistes ou confrères à son égard. "Franchement, cela m'est égal. Ils ont le droit de considérer que je n'ai aucun talent, de ne pas aimer mes romans. Je sais me défendre et l'humour est une super arme. Ce qui me dérange en revanche, c'est quand on attaque mon lecteur en lui expliquant qu'il aime mes romans car ils sont inconsistants. J'y vois une forme de mépris assez violente", avait-elle constaté.