Vincent Meslet : "Les audience d'Arte prouvent une dynamique dont nous sommes fiers"

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Vincent Meslet : "Les audience d'Arte prouvent une dynamique dont nous sommes fiers"
Par Benoit Daragon Journaliste
Vincent Meslet
Vincent Meslet © DR, Arte / Garault
Alors qu'Arte enregistre de bonnes audiences tout en cultivant sa différence, Vincent Meslet, le directeur éditorial d'Arte, revient sur la stratégie de la chaîne franco-allemande.

Bonne rentrée pour Arte. Cycle sur les frères Coen, troisième saison de "Borgen ", "Touchez pas au Grisbi" ou lancement de la série "Top of the lake", la chaîne franco-allemande enchaîne les succès sans pour autant abandonner une ligne éditoriale différente des autres chaînes. Résultat, en novembre, Arte enregistrait 2,3% de parts d'audience. Rencontre avec Vincent Meslet, son directeur éditorial.

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Propos recueillis par Benoît Daragon.

puremedias.com : Comment analysez-vous la bonne rentrée de votre chaîne ?

Vincent Meslet : Nous sommes contents, bien-sûr ! D'autant que ce succès ne se limite pas aux prime. En access, "Arte Journal" et le magazine "28 minutes" présenté par Elisabeth Quin sont en progression. Et, surtout, nous enregistrons de bonnes audiences en cinéma mais aussi en séries et en documentaire : les trois piliers de la chaîne. Mais l'audience, ce n'est pas le plus important pour nous, on cherche avant tout à proposer des programmes de qualité. Les chiffres prouvent qu'il y a un public pour ça.

"L'audience, ce n'est pas le plus important"

L'audience, c'est tabou ?

Pas du tout. Cela n'est pas tabou. Cela prouve une dynamique dont nous sommes fiers. Nous avons fait un travail de fond pour que la chaîne ait une ligne éditoriale claire et retrouve une identité très forte. Nous avons fait des choix de programmes et étudié la programmation case par case. Tout cela a été soutenu par une communication claire qui a événementialisé nos contenus. Mais l'audience, ce n'est pas le plus important. Le plus important, c'est que nos programmes affirment sans cesse notre identité culturelle et européenne, dans le cadre d'une offre de programme diversifiée.

L'audience globale d'Arte tient-elle dans ses premières parties de soirée. Arte est-elle "prime-time dépendante" ?

Non, car notre access est au-dessus de la moyenne de la chaîne. Notre objectif est de faire monter au-dessus de cette moyenne nos programmes de journée d'ici 3 ou 4 ans. Mais n'oublions pas qu'avant la naissance de la TNT, Arte commençait à émettre à 19 heures.

Commençons par les séries. Comment faites-vous votre chox ?

Nous choisissons des séries non formatées et qui ont des écritures intéressantes. Qui aurait pu imaginer que le public se passionnerait pour une série sur des jeunes gens ayant la vocation d'être prêtres ? Et pourtant "Ainsi soient-ils" a été un succès ! Même chose pour "Breaking Bad", que nous diffusons tous les vendredis. Avant d'être une série couverte de prix (elle sera encore favorite des prochains Golden Globes, ndlr), nous avons cru en son écriture hors normes. "Borgen", "Top of the lake" ou la saison dernière "Real Humans" sont tous des projets difficiles. A la rentrée, "La Gifle" a moins marché mais nous sommes pourtant ravis d'avoir diffusé cette bonne série qui est à l'image de la chaîne.

Vous semblez vous inspirer du modèle de Canal +...

Nous n'avons pas vraiment le même budget ! La recherche de la qualité peut rapprocher les deux chaînes, oui. D'ailleurs nous faisons parfois des co-productions ensemble comme sur "Carlos".

"Notre offre d'Histoire et de géopolitique est en forte croissance !"

En cinéma, vous semblez profiter d'une offre à contre-courant de toutes les chaînes avec des classiques et films rares.

Nous sommes clairement la seule chaîne de la TNT qui mélange des grands films de patrimoine ("Touchez pas au grisbi", "Diamants sur canapé", des Fellini ou Buñuel) et des auteurs contemporains comme les frères Coen ou Michael Haneke. Cet été, la diffusion de "La Maman et la putain" de Jean Eustache a été un événement pour les cinéphiles. Ce mélange assez subtil leur plaît beaucoup. A Noël, nous proposerons un cycle sur Jerry Lewis qui je suis sûr va contribuer à changer l'image de cet acteur de comédie. L'année prochaine on diffusera un cycle de films sur la Grande Guerre, centenaire oblige, avec "Casque d'or" de Jacques Becker, "Les Sentiers de la Gloire" de Stanley Kubrick ou "Capitaine Conan" de Bertrand Tavernier.

Votre offre documentaire a évolué pour ne pas se limiter au documentaire sur la seconde guerre mondiale dans "Mercredi de l'Histoire"...

Notre offre d'Histoire et de géopolitique est en forte croissance ! Mais, comme pour notre offre de cinéma, nous cherchons à avoir une vraie diversité de documentaire, qui représente 45% de la grille d'Arte ! Nous avons clairement développé une dimension "auteur". On se soucie que notre offre propose des sujets originaux ou des écritures nouvelles. Notre festival du documentaire avec "Bardot, la méprise", "Michel Petrucciani", "Tous au Larzac" ou "Image manquante" de Rithy Panh a bien montré l'étendue de notre offre.

Arrivez-vous à séduire les jeunes ?

Nous pensons qu'entre 5 et 20 % de chaque génération peut être intéressée par nos programmes. Pour les plus jeunes, nous avons beaucoup travaillé sur Internet, que ce soit sur le web-doc ou sur les Arte Live Web dont le groupe Placebo était notre dernier invité. On a aussi développé notre côté "pop" et affichons notre curiosité sur tous les sujets pour plaire à toutes les générations.

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