Pour tous ceux qui pensent les couleurs psychédéliques et le mini van sont les plus belles inventions du XXe siècle, "Taking Woodstock" est une comédie à voir sans hésiter. Pour les fans de Janis Joplin, en revanche, oubliez. La musique qu’on entendra le plus est celle de Danny Elfman.
Ang Lee signe une comédie surprenante autour du festival
Comment montrer Woodstock sans faire rugir une rifle de guitare ? Comment filmer l'événement musical le plus important de tous les temps sans avoir besoin d'une actrice capable d'incarner Janis Joplin jeune ? Réponse, en filmant Woodstock, le off. Le pari d'
Ang Lee, qui retrouve là quelques thèmes qui lui sont chers comme l'amour homosexuel naissant de son personnage principal, est donc de faire une comédie sur ce petit village paisible et ennuyeux qui devient, le temps d'un festival, le plus gros repaire de hippies au monde. Ca prend des pilules, ça court tout nu, ça s'habille « en pyjama » pour reprendre les mots de la mère acariâtre du héros, et ça offre à certains personnages l'occasion de se découvrir enfin.
Parce que c'est finalement ça que veut filmer
Ang Lee, un homo coincé entre son père taciturne et sa mère dragon, un gars du village qui rêve de vivre le rêve américain à San Francisco. Mais la tentation est trop forte, le phénomène trop important, pour qu'il ne penche pas sa caméra sur le bordel général (dans tous les sens du terme) que fut Woodstock. On navigue donc entre les deux, entre l'intime et le social, entre la maison et le festival, tournant autour du cœur, la scène, sans jamais la voir vraiment. Woodstock est l'histoire d'une Amérique qui croient encore que « Yes, they can ».
« Tu as donné du space cake à ma mère ? »
Comédie typiquement américaine dans sa mise en forme (les cadres, son final, l'utilisation de la musique de Danny Elfman),
Taking Woodstock n'ose pas une seule seconde révolutionner les codes du genre. De l'humour de situation (la mère qui court avec son balai pour faire fuir les nudistes de ses buissons, le père accompagné d'un travesti retraité de l'armée pour sécuriser les abords de la maison) et des répliques bien senties, la comédie fonctionne sur tous les plans. Son agréable casting, loin d'être révolutionnaire, ne gâche rien.
Si le film traitait de la Fête de l'Huma, on se dirait qu'il ne manque rien. Mais face à un événement d'une telle ampleur et un réalisateur d'un tel talent, j'avoue avoir espéré un peu plus qu'une « très bonne comédie ».