TV
"Aucune volonté de mettre en avant un slogan plutôt qu'un autre" : Le "13 Heures" de France 2 se défend après avoir diffusé l'image d'une pancarte insultant Emmanuel et Brigitte Macron
Publié le 8 octobre 2026 à 15:31
Suivez Puremédias sur Google Ajoutez Puremédias à vos sources préférées
Dans l'édition présentée par Julian Bugier le 6 octobre, on pouvait apercevoir, sur des images diffusées en arrière-plan du journaliste, un affichage insultant à l'égard du couple présidentiel.
Le sommaire du "13 Heures" de France 2 présenté par Julian Bugier, mercredi 7 janvier © France 2.

Le ton est monté dans les couloirs de France Télévisions. Dans son journal de "13 Heures" du mardi 6 octobre, Julian Bugier, comme dans l'immense majorité des autres éditions nationales d'information, a évoqué la colère lycéenne. Sur le terrain, plusieurs reporters de France Télévisions étaient allés tendre leurs micros aux contestataires et filmer les manifestations et les blocus, nombreux. Parmi les images rapportées et passées à l'antenne, de nombreuses montrant des affiches aux messages parfois clairement provocateurs rédigés par des manifestants. Sur une pancarte montrée à l'écran, on pouvait notamment lire une phrase insultante directement adressée au président de la République Emmanuel Macron et à son épouse Brigitte : "Macron bz ta prof, pas les nôtres." Une référence au passé professionnel de Brigitte Macron, qui avait été la professeur de théâtre d'Emmanuel Macron, avant qu'ils ne se marient bien des années plus tard.

"Nous ne sommes pas responsables de ce qui est écrit sur des pancartes de manifestants"

Selon les informations du "Parisien", la vision de la fameuse pancarte, diffusée à heure de grande écoute sur France 2, a fortement déplu à Emmanuel Macron. "Évidemment que ça ne lui a pas fait plaisir", a confié au journal un proche du président de la République. Ce dernier aurait été d'autant plus agacé de constater qu'aucune excuse n'avait été mentionnée dans le journal du lendemain. "Une petite main du JT a mis ces images OFF en illustration des titres. Cette personne aurait pu faire plus attention, mais cela n’est pas une erreur. L’image existe et date du jour. Rien n’a été inventé", a argumenté le membre de la rédaction de France 2 auprès de nos confrères. "Il n’y a évidemment aucune volonté de mettre en avant un slogan plutôt qu’un autre. Nous ne sommes pas responsables de ce qui est écrit sur des pancartes de manifestants, a de son côté estimé Julien Duperray, directeur de la rédaction nationale de France 2, interrogé par le Médiateur de France Télévisions et cité sur le site de franceinfo. Notre travail est de maîtriser ce que nous diffusons sur nos antennes. En particulier lorsque certains mots peuvent être insultants. Ce rappel a été fait par la direction à toutes les équipes de la rédaction."

Le responsable poursuit : "Des insultes sur les pancartes et dans la bouche des participants, il y en a beaucoup, depuis toujours, dans de nombreuses manifestations. Les journalistes ne doivent ni les censurer, ni les véhiculer complaisamment lorsqu'elles diffament ou portent atteinte à la dignité, ce qui est le cas de cette pancarte aperçue à de nombreuses reprises dans les cortèges". Pour Julien Duperray, en étant diffusée derrière Julian Bugier, l'image a eu un impact encore plus fort : "Ce principe est valable pour tout type de diffusion, mais il est renforcé lorsque le traitement de l'image modifie son "statut". Le fait que cette image, même si elle est fugace en vidéo, soit utilisée dans l'écran derrière le présentateur renforce son impact. C'est ce que j'appelle le "statut" de l'image. Cette pratique aurait dû être maîtrisée, comme elle l'est une bonne dizaine de fois par JT, tout au long de l'année. Cette fois-ci elle ne l'a pas été", a-t-il conclu, reconnaissant donc une faille.

Articles liés
"La violence n'est pas acceptable" : Un journaliste de M6 blessé en marge des blocus des lycées, le groupe annonce porter plainte
"La violence n'est pas acceptable" : Un journaliste de M6 blessé en marge des blocus des lycées, le groupe annonce porter plainte
"C'est absolument inouï" : Apolline de Malherbe agacée en découvrant une pancarte critiquant les médias en direct à l'antenne de BFMTV
"C'est absolument inouï" : Apolline de Malherbe agacée en découvrant une pancarte critiquant les médias en direct à l'antenne de BFMTV
"Un élu de la République ne devrait pas soutenir les violences contre les médias" : BFMTV dénonce la réaction de Bally Bagayoko après l'agression de journalistes de la chaîne
"Un élu de la République ne devrait pas soutenir les violences contre les médias" : BFMTV dénonce la réaction de Bally Bagayoko après l'agression de journalistes de la chaîne
Par Fanny Petoin | Journaliste
Dans un monde idéal, Fanny aurait déjà remporté deux saison de "Koh-Lanta" mais le destin en a decidé autrement. Née dans les années 80, elle milite pour le retour de "Qui est Qui", de "L'or à l'appel" mais aussi pour la disparition des téléfilms de Noël (surtout quand ils sont diffusés dès le mois d'octobre).
Mots clés
TV France 2