Les condamnations de politiques de premier plan dynamisent la part d'audience de CNews. Comme le 31 mars, date à laquelle Marine Le Pen a été reconnue coupable de détournement de fonds publics dans l’affaire des assistants des députés européens du FN, la chaîne du groupe de Vincent Bolloré a fédéré 5,0% du public ce jeudi 25 septembre 2025, marqué par l'annonce de la condamnation de Nicolas Sarkozy. Reconnu coupable d'association de malfaiteurs, l'ancien président de la République a écopé d'une peine de cinq ans de prison ferme avec mandat de dépôt à effet différé dans l'affaire dite du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. C'est la deuxième fois en trois jours que le canal 14 de la TNT atteint ce seuil symbolique. À la deuxième place, BFMTV (3,6%), qui signe son meilleur résultat sur un jour depuis la journée de mobilisation du 18 septembre, ne peut rivaliser. Derrière, LCI (2,7%) est dynamique, Franceinfo (1,3%) frémit.
Dans le détail, CNews, 5e du classement général devant France 5 (4,3%), a notamment été tirée vers le haut par "Midi News". Suivie par 539.000 téléspectateurs, l'émission de la mi-journée, présentée par Sonia Mabrouk, a signé son record historique sur le critère de la part d'audience (5,7%). En access, les émissions "Face à l'info", présentée par Christine Kelly, et "L'heure des pros 2", animée par Pascal Praud, franchissent, elles aussi, les 5 points de part d'audience : 759.000 téléspectateurs, soit 5,1% du public pour la première, 1,05 million de téléspectateurs, soit 5,6% du public pour la seconde.
Sur BFMTV, si "BFM première" (9,6%), présentée par Dominique Tenza et Perrine Storme, et "Le face à face" (9,9%), mené par Apolline de Malherbe, ne franchissent pas les 10 points de part d'audience, l'après-midi a été portée par les bons scores de "BFM Non Stop" avec Pauline Simonet (262.000 téléspectateurs, soit 4,7% du public entre 14h00 et 16h50) et de "Marschall Truchot" (343.000 téléspectateurs, soit 4,6% du public entre 16h50 et 18h45).
En soirée, LCI est leader. "Objectif 2027", présenté par Darius Rochebin et Amélie Carrouër, a rassemblé 484.000 téléspectateurs entre 21h00 et 23h13, soit 3,0% du public. Le duo de journalistes recevait Marine Le Pen.
Tout au long de la journée, nombre de présentateurs et d'éditorialistes ont critiqué sur les chaînes info l'exécution provisoire signifiée à Nicolas Sarkozy. Celle-ci signifie que la peine de prison sera effectuée, même en cas d'appel. Par exemple, pour Laurence Ferrari, qui a pris fait et cause pour l'ancien chef de l'État hier dans "Punchline" sur CNews, elle symbolise "l'acharnement judiciaire subi depuis des années par Nicolas Sarkozy". L'ancienne présentatrice du "20 Heures" de TF1 qualifiant au passage les révélations de "Mediapart", dont la bonnette a été arrachée par Carla Bruni, de "pseudo affaire libyenne".
Interrogé sur BFMTV par Alice Darfeuille, Serge Portelli, ancien magistrat, avait du mal à cacher sa stupéfaction. "J'ai du mal à m'exprimer tellement je trouve cela fou, mais vraiment fou. Que ces gens, peut-être même ici, sur ce plateau, réagissent comme si Nicolas Sarkozy était une victime finalement, une victime d'un peu tout le monde, mais surtout de la justice."
"Je suis sidéré par le climat de conversation publique et médiatique autour du jugement", a déploré ce vendredi Fabrice Arfi, qui a contribué à ces révélations, sur France Inter. "La question que l'on se pose, c'est s'il y a un problème des juges avec la politique", constate le journaliste. Or, dit-il, "on pourrait se demander si Nicolas Sarkozy n'a pas, lui, un problème avec le code pénal." "C'est un moment de bascule trumpien que nous sommes en train de vivre (...) Nous sommes à front renversé mais ça, c'est le privilège de la délinquance en col blanc."

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