France 2 a plus d'un tour dans son sac et diffuse "Bernadette", ce dimanche 3 mai en prime time. Cette fiction de Léa Domenach raconte les douze ans que l'ancienne Première dame a passé à l'Elysée, avec Catherine Deneuve dans la peau de celle qui a longtemps oeuvré dans l'ombre de son mari, Jacques Chirac. "Mise de côté car jugée trop ringarde, Bernadette décide alors de prendre sa revanche en devenant une figure médiatique incontournable", détaille le synopsis de cette comédie sortie en 2023. Mais si la réalisatrice de "Jeune & Golri" s'est calquée sur la vie de l'initiatrice de l'opération Pièces Jaunes, elle a aussi romancé certains épisodes de cette odyssée, qui imagine l'émancipation de "Bernie", brillamment interprétée par une comédienne séduite par le scénario.
"Avec ma co-scénariste Clémence Dargent, nous avons lu et regardé tout ce qui était possible sur le couple Chirac. Une fois que l’histoire était établie, nous avons pris des libertés parce que nous écrivions une fiction", soulignait la cinéaste et fille du journaliste politique Nicolas Domenach chez "Allociné". Une liberté plus ou moins appréciée par le clan corrézien, puisque Claude Chirac, la fille de la Première dame, incarnée dans le long-métrage par Sara Giraudeau, n'a pas vraiment été amusée par le film. Dans les colonnes de "La Tribune Dimanche", elle avait fait part en juin 2022 de son agacement vis-à-vis de ce projet. Elle estimait en effet que sa mère ou elle auraient dû être consultées.
Plusieurs points de ce portrait décalé, pas autorisé par la famille Chirac, lui auraient fortement déplu, comme le traitement, impudique, selon elle, de l'existence de sa soeur aînée Laurence, qui a souffert d'anorexie jusqu'à sa mort en 2016. Selon l'hebdomadaire, elle ne s'attendait pas à ce que ce drame y figure et "aurait trouvé cela déplacé". Mais Léa Domenach a insisté sur sa volonté de conserver une totale indépendance dans l'écriture. Elle s'est aussi protégée des critiques en taisant longtemps le contenu de son oeuvre au titre "La Tortue", censé brouiller les pistes. "On ne voulait pas risquer d'attaques qui auraient compris ou retardé notre projet", confiait-elle auprès de nos confrères du "Parisien".
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La réalisatrice a choisi l'humour et la comédie pour raconter l'itinéraire de la femme au tailleur rose BCBG car elle la trouvait "drôle". "Bernadette est une sorte de satire bienveillante, dont le but n’est pas de se moquer de ses personnages. Le ton est celui de la fable, renforcé par cette idée du choeur qui accompagne Bernadette Chirac et rend hommage à son côté religieux", se justifiait celle qui pense avoir réussi son pari grâce au choix des comédiens (Denis Podalydès, Michel Vuillermoz, Laurent Stocker).
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