"Jour sombre pour France 2". C'est ainsi que Pascal Praud a ouvert les débats de "L'heure des pros", l'émission qu'il présente chaque jour, accompagné d'éditorialistes, sur CNews. Le journaliste de la chaîne d'information du groupe Canal+ a évidemment abordé en premier sujet du jour l'émission "Complément d'enquête" de France 2 diffusée jeudi soir et intitulée "Des infos ou désinfo ? La méthode CNews". Un numéro qui a attiré 1,09 million de téléspectateurs entre 23h02 et 00h19, soit 15,1% du public âgé de quatre ans et plus (4+), 17,6% des 25-49 ans et 15,6% des femmes responsables des achats de moins de cinquante ans (FRDA-50).
Pendant près d'un an, les équipes du magazine présenté par Tristan Waleckx ont sollicité - sans réel succès - plus d'une dizaine d'interlocuteurs de CNews pour comprendre la recette de la chaîne d'information la plus regardée de France. Sans trop s'attarder sur les débats polémiques et les clashs à répétition qui pullulent sur la chaîne du groupe Bolloré, "Complément d'enquête" avait anglé son enquête sur les faits rien que les faits. Chiffres (et exemples) à l’appui, à l’aide de données compilées et décryptées par l’ONG Reporters Sans Frontières, le magazine démontre comment la chaîne régulièrement qualifiée de chaîne d’opinion, joue avec l'information quitte parfois à détourner la vérité.
Mais les données de RSF sur le non-respect du pluralisme à l'antenne ont été contestées par l'Arcom, ce qui a forcé le magazine de la Deux à supprimer le passage en question. "Ils vont pouvoir progresser et tirer les leçons de ce qu'ils ont fait", a taclé Pascal Praud vendredi matin, saluant au passage l'Arcom, autorité de régulation de l'audiovisuel qu'il remet en cause régulièrement. "Je rappelle que l'Arcom, c'est le gendarme. C'est l'autorité, elle est incontestable", a-t-il lancé. "Elle est formidable parce qu'elle a fait son job", a encore appuyé Pascal Praud, avant de citer l'une des journalistes de France 2 derrière l'enquête.
"Lilya Melkonian, qui est une journaliste de qualité, disait pour justifier son reportage : 'Sur les potentielles connexions avec l'extrême droite, on ne voulait pas faire d'interprétation mais quantifier, objectiver les faits, grâce notamment à l'étude de Reporters sans frontières, qui s'appuie sur la data'. Boum ! Elle a travaillé pour rien !". Après avoir laissé ses chroniqueurs qualifier RSF de "de média et d'ONG de gauche", le présentateur a repris la main.
"C'est un naufrage ce qui s'est passé, c'est même sidérant. Il n'y a rien. je regardais et à un moment, j'ai presque eu un fou-rire. Tu as travaillé pendant 10 mois et il n'y a rien, ça fait pschitt", a dénoncé Pascal Praud. Un extrait que Puremédias vous propose de voir en vidéo ci-dessus. Le visage de CNews, qui n'a pas souhaité participer directement à l'enquête, apparaît cependant dans "Complément d'enquête", du moins sa voix. "Je les ai souvent eus au téléphone. J'ai eu Mme Melkonian, on le voit dans le reportage. Je lui demandais régulièrement si j'étais enregistré parce que j'ai toujours répondu au téléphone. Mais manifestement, elle a pris un enregistrement sans me prévenir. J'ai été piégé. C'est la vie", a-t-il déploré.

player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2