Après une double décennie à décortiquer l'actualité politique, Carine Bécart s'épanouit loin des ondes et des polémiques. L'ex-journaliste de France Inter a trouvé refuge dans le Mâconnais, où elle évolue entre les parcelles de pinot noir et de chardonnay en tant que viticultrice. Au domaine Tripoz, à Loché en Saône-et-Loire, la quinquagénaire vit sa deuxième vie et s'apprête à sortir sa première cuvée. C'est en juillet 2025 qu'elle referme un long chapitre de sa vie en quittant les antennes de Radio France, sur lesquelles elle officiait pendant près de vingt-cinq années. D'abord à la présentation sur France Info, cette "bosseuse acharnée" (dixit Nicolas Demorand) intègre le service politique de France Inter en 2009 avant de tenir une chronique dans "Questions politiques" (2023-2025) et d'en devenir même le visage de la version filmée.
Puis, est venue l'heure de la reconversion pour cette passionnée de vin, un projet mûri depuis de nombreuses années. "L'idée de me cantonner à une seule vie professionnelle m'a toujours un peu frustrée. Lors de mon passage à France Bleu Champagne, j'ai rencontré de nombreux vignerons. C'est un univers fascinant", expliquait-elle à "Télérama". Pour démarrer cette bifurcation Carine Bécard est retournées à ses chères études, suivant des formations, obtenant son diplôme viticulture-œnologie puis son brevet pour gérer une entreprise agricole. Une démarche soutenue par ses proches et notamment son mari, Stéphane.
Dans son portrait publié par "Libération" le 5 octobre, la nouvelle voix de toute une profession détaille son parcours, parfois semé d'embuches, et ralenti par le risque financier. Car, elle affirme avoir "divisé par quatre son salaire de l'audiovisuel", où elle était "très correctement payée". Même si elle concède qu'elle "n'a plus les mêmes besoins".
Aujourd'hui bien concentrée sur ces neuf hectares et demi de vignes, gangrénés par les aléas climatiques, l'ancienne journaliste parisienne n'en garde pas moins un oeil avisé sur la crise qui agite sa station de coeur depuis la rentrée. "En quoi France Inter s'enrichit d'avoir un chroniqueur comme ça ?", fulmine-t-elle au sujet de Charles Sapin, débarqué après une vague de contestation. "Le pluralisme fait évidemment partie de la démocratie, et je ne vais certainement pas être contre. Maintenant, cette idée d'introduire un débatteur notoirement d'extrême droite, cela légitimise un discours xénophobe et anti-républicain", estime l'auditrice restée fidèle à l'antenne de la première radio de France. À 52 ans, d'autres enjeux se présentent à elle : celui notamment de prendre de la bouteille dans un métier qui s'est imposé à elle.
