France 2 reconnaît une erreur. Vendredi 30 octobre, durant son édition de "13 Heures", Julian Bugier avait lancé la diffusion d'un sujet intitulé "Trois générations de femmes mobilisées samedi", à la veille d'une nouvelle journée de manifestations en France. Au début de ce reportage, qui présentait Annick, une retraitée de 70 ans, sa petite fille Inès, étudiante âgée de 20 ans et Florence, 60 ans, une amie d'Annick encore en activité professionnelle, le journaliste indiquait en voix-off : "Des manifestations, elles n'en manquent pas une !". En image d'introduction, on apercevait alors un cortège de manifestants, capté quelques jours plus tôt, et une pancarte sur laquelle était écrit en très gros caractères : "Jordan T mort".
Cette pancarte au message ostensiblement agressif à l'égard, vraisemblablement, du président du Rassemblement National Jordan Bardella, aurait-elle dû se retrouver à l'antenne ? Non, selon France Télévisions, qui fait ce 2 novembre son mea-culpa. "Ce message à caractère menaçant n’aurait pas dû se retrouver ainsi à l’écran, écrit la direction du groupe public dans un article à visée de transparence posté sur le site de Franceinfo. Comme le rappelait déjà le médiateur de France Télévisions dans un précédent contenu consacré à une pancarte cette fois insultante à l'égard du président de la République et de son épouse, les insultes lors des manifestations sont nombreuses. Les menaces peuvent s'y ajouter. Il est du devoir de France Télévisions de maîtriser ce qui est diffusé à l'antenne, y compris de manière fugace." L'article fait ici référence à un écriteau apparu à l'écran lors du journal de "13 Heures" du 6 octobre, capté à l'image lors d'une manifestation lycéenne. "Macron bz ta prof, pas les nôtres", avait-on pu apercevoir brièvement à l'antenne.
"La direction de l’information adresse à cette occasion un rappel à la vigilance à toutes les rédactions pour maîtriser toutes les images que nous diffusons sur nos antennes", peut-on lire en conclusion de l'article. France Télévisions avait également été pointée du doigt récemment pour la diffusion d'un long reportage sans commentaires journalistiques consacré aux violences en marges des manifestations. Des images mises en parallèle avec les déambulations pacifiques de nombreux manifestants, et qui avaient heurté aussi bien en interne que du côté des téléspectateurs.
