France Télévisions a-t-il accordé trop de place aux violences dans sa couverture des événements des 17 et 18 octobre ? Oui pour les syndicats du groupe public qui réclament la démission de toute l'équipe du "20 Heures" de Laurent Delahousse après la diffusion d'un reportage de 12 minutes dans l'édition de dimanche soir. Ce soir-là, un document brut de 12 minutes, presque sans commentaire journalistique, au coeur des émeutes a été proposé aux téléspectateurs et a valu des courriers désapprobateurs à la rédaction. En interne aussi, il a aussi suscité des interrogations. "Le ministère de l’Intérieur en a rêvé, le 20h de Laurent Delahousse l’a fait ! Un clip de propagande intitulé 'Au cœur des violences' qui décrédibilise les manifestants du 17 octobre. Un mouvement social d’ampleur nationale réduit à un message de haine sans filtre. Le 20h fait la démonstration de sa fascination pour la violence, une obsession", dénonce un communiqué de la CGT.
Elle estime que cette couverture ne respecte pas les exigences d'équilibre et de pluralisme attendues du service public audiovisuel. Elle précise aussi que cette édition du JT ne représente en aucun cas l'opinion de l'ensemble des journalistes de France Télévisions. De son côté, la CFDT n'appelle pas au départ des responsables de ce choix éditorial mais promet de soulever les points contestés en commission déontologie. Pour le syndicat, une ligne rouge déontologique a encore été franchie, et il "déplore ce traitement médiatique qui, ne soyons pas naïfs, fait le lit du RN et de son obsession pour le tout sécuritaire et l’ensauvagement de la France". Selon ses calculs, moins de deux minutes du journal, sur les 48 minutes hors allocution présidentielle, ont été consacrées aux revendications des manifestants. "Avec cette édition spéciale 'La France sous le choc', France 2 a franchi un cap que même BFM n’aurait imaginé", fustige la confédération.
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Face aux critiques et à la désolidarisation des syndicats, Philippe Corbé a dû s'expliquer. Le patron de l'information de France Télévisions a admis des erreurs. "Nous aurions du mieux le distinguer du '20 Heures'", a-t-il concédé face au médiateur du groupe. Puis de développer ses regrets : "Nous aurions dû être plus clairs, en contextualisant davantage. Laurent Delahousse a bien précisé que c’était un document en immersion, mais nous aurions dû être plus lisibles dans le bandeau (qui accompagne le sujet) et donner davantage d'informations contextuelles dans le montage et le commentaire". S'il défend l'idée d'une écriture différente pour les longs formats des JT du week-end, Philippe Corbé reconnaît un manque de précision "dans le montage, la contextualisation et le commentaire" pour éviter les confusions. Un mea-culpa suffisant pour les syndicats ?
