Les César sont souvent l'occasion pour la grande famille du cinéma de régler ses comptes. Hier, François Cluzet n'a pas dérogé à cette tradition en prononçant en ouverture de la soirée, un discours très politique. Le président de cette 39 cérémonie des César a ainsi multiplié les clins d'oeil à l'actualité récente, égratignant notamment au passage Alain Delon.
Dès ses premiers mots, François Cluzet a ainsi adressé un salut appuyé à ses "chers partenaires intermittents du spectacle". Un peu plus tard, il a tenu sur ce sujet à rappeler que sans ces "artistes", "nous n'existerions pas". L'acteur de "Ne le dis à personne" a ensuite taclé le MEDEF qui s'est récemment prononcé pour la suppression du régime des intermittents du spectacle. "Marivaux disait : 'Les acteurs, ceux qui font semblant de faire semblant'. Bon, est-ce que le MEDEF a compris ? Non parce que si le MEDEF a compris, tout le monde a compris" a-t-il ainsi moqué.
Le président des César 2014 a ensuite voulu revenir sur la polémique sur les salaires des acteurs français lancée en janvier 2013 par Vincent Maraval et alimentée récemment par un rapport remis au gouvernement. "Il y a un truc que j'ai entendu l'autre jour qui ne passe pas. C'est : 'les salaires des acteurs sont trop élevés. Les acteurs populaires seraient trop payés'" a ainsi expliqué François Cluzet. "Alors moi, je dis que peut-être que pour les acteurs qui sont populaires depuis longtemps, ça peut se justifier. Mais moi qui viens juste d'arriver à être un peu populaire, je trouve que c'est injuste. C'est dégueulasse, c'est vrai !" a-t-il lancé avec humour sous les applaudissements d'une partie de la salle.
Et François Cluzet d'expliquer sur le même ton : "Moi, j'ai ramé pendant 35 ans. Je viens juste d'arriver comme acteur un petit peu populaire. Et paf ! Non mais vous avez attendu qu'on annonce que je serai président pour balancer ça ou quoi ? Ça sent la fouine. J'aime pas ça. J'aime pas les fouines et vous le savez !" s'est-il emporté. "Il faut une dérogation pour les nouveaux populaires... Parce qu'attention, vous avez déjà entendu parler de la fuite des cerveaux. Vous voulez me forcer à aller en Suisse ? C'est ça ?" a-t-il interrogé.
L'acteur de "Intouchables" a alors profité de l'occasion pour adresser un tacle appuyé à Alain Delon, absent de la soirée. "Il y a un acteur très connu, très, très connu, ça fait 15 ans qu'il est en Suisse. Vous avez vu ce que ça donne ? L'autre jour, il est revenu à Paris pour une émission. Bah il est pas con. Son cerveau, il l'a pas amené, il l'a laissé là-bas, de peur qu'on lui pique !" a raillé François Cluzet en référence aux récentes prises de position de l'acteur concernant le Front National. Et François Cluzet de conclure : "Et pourtant, des cerveaux comme ça ici, c'est pas ce qui manque !". puremedias.com vous propose de revoir cette ouverture de cérémonie par François Cluzet.

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