Elle avait surpris son amie Amel Bent en passant les auditions à l'aveugle. Mélanie Noé, 33 ans, n'avait pas dit à celle qu'elle accompagne depuis 3 tournées en tant que choriste qu'elle avait décidé de se lancer dans l'aventure "The Voice". 10 ans après avoir participé à la "Nouvelle Star" version D8, la chanteuse a sauté le pas. "J'adore bosser pour les autres, j'adore être choriste, mais je ne fais pas que ça, j'écris des chansons et je me suis dit : 'Là, c'est le moment, j'ai envie d'exister en tant qu'artiste'", confie-t-elle à Puremédias. Désormais qualifiée pour la nouvelle épreuve des "Performances", celle qui fait partie des 4 derniers talents de l'équipe de Florent Pagny raconte son début d'aventure, entre stress de l'enjeu et satisfaction d'être arrivée jusqu'à l'étape qu'elle s'était fixée.
Propos recueillis par Léa Stassinet
Puremédias : Vous êtes dans le Top 16 de cette saison 15 de "The Voice", après avoir réussi à convaincre Florent Pagny lors des "qualifications", une toute nouvelle épreuve, puis lors de votre "Battle". Comment avez-vous vécu cette double épreuve ?
Mélanie Noé : Les "qualifications", c'était hyper stressant, parce qu'on a eu très peu de temps, à peine 24 heures, pour préparer notre chanson, et on a eu un thème imposé. Mon thème, c'était Adele, et j'ai choisi de chanter "All I Ask", une chanson que j'adore mais que je n'avais jamais chantée, donc encore un challenge, on part dans l'inconnu. De toutes les épreuves qu'on a faites pendant l'émission, c'était la plus terrible, parce qu'il n'y avait pas de public, on était tout seuls devant le coach et le co-coach, et chanter devant les copains, comme ça, en ligne, c'est bien déstabilisant. Et puis on avait peu de temps pour défendre notre morceau (seulement 1m30, ndlr), donc on n'avait pas le droit à l'erreur.
Florent Pagny ne vous a pas du tout coaché avant l'épreuve ?
Non parce qu'il fallait que ce soit une surprise, qu'il découvre notre performance en même temps que le co-coach. Mais au final, je suis très contente de mon passage. Je me rappelle que Florent Pagny et Anne Sila (sa co-coach pour l'épreuve, ndlr) ont apprécié le moment. Qu'elle soit devant moi et touchée par ma prestation, ça a été vraiment fort. J'étais émue et fière d'arriver jusqu'à la battle.
Au cours de laquelle vous avez affronté Sarah Manesse...
Un super moment. Sarah, c'est une artiste que je connaissais d'avant, pas personnellement mais son travail. Je l'avais vue sur scène déjà. Et donc là, de me retrouver en battle face à elle, c'était incroyable, parce que j'adore sa voix, j'adore cette personne. Et on a vécu un vrai moment sur scène pendant cette battle. Et quand Florent Pagny me choisit, j'en ai encore des frissons. C'était un vrai soulagement. Mais c'est aussi ultra violent, parce que tu es content de passer mais tu es aussi triste parce que la personne qui est en face de toi et qui mérite tout autant que toi de passer, s'en va. Mais évidemment, la joie prend le dessus. Moi, l'épreuve de la "performance", c'était l'étape que je rêvais d'atteindre dans l'émission. Donc à ce moment-là, je me dis : j'y suis.
Juste avant la battle, l'épreuve des qualifications vous a-t-elle rappelé celle des lignes au théâtre, étape mythique de "Nouvelle Star", émission à laquelle vous avez participé en 2016 sur D8 ?
Je suis montée sur scène, je me suis reprojetée dix ans derrière au théâtre. C'est fou que vous me parliez de ça, parce que je n'en ai pas forcément parlé. Les gens ne savent pas tous que j'étais à la "Nouvelle Star", c'était il y a dix ans. Mais là, de me retrouver sur cette ligne et de voir les gens avancer un par un dans le silence, sans public, c'est vraiment la même chose. Sauf qu'il y a dix ans, j'étais beaucoup plus légère. Je me posais moins de questions, il y avait moins d'enjeu. Alors que là, j'y suis vraiment allée en me disant : "Je le fais parce que c'est mon moment".
Justement, y a-t-il des similitudes entre ces deux aventures ?
Forcément, le stress des épreuves, parce que c'est plusieurs épreuves à la suite, le jury qui délibère... Mais il y a une vraie différence, c'est mon âge parce que j'ai dix ans de plus. Ce n'est pas la même maturité, la même approche. Et surtout, il y a dix ans, je ne savais pas encore vraiment où je voulais aller musicalement parlant. Alors que là, je sais où je suis, je sais que je suis à ma place, et la saveur n'est pas la même. Mais j'avais adoré "Nouvelle Star", je m'étais éclatée dans cette émission. Ce n'était pas du tout un truc que j'avais prévu. Je me disais : "De toute façon, je ne serai jamais retenue". Et en fait, ça s'est transformé en jeu, et je suis arrivée jusqu'en demi-finale.
Pourquoi avez-vous décidé de vous relancer dans un télé-crochet, 10 ans après ?
Je me suis dit à un moment : "Ok, j'adore bosser pour les autres, j'adore être choriste, mais je ne fais pas que ça, j'écris des chansons, je fais plein de choses". Il y a un moment où tu as envie d'être sur scène et tu as envie de défendre un projet et de raconter ton histoire. J'ai envie d'exister en tant qu'artiste. Quoi de mieux que "The Voice" pour le faire ? C'est quand même l'émission de référence. On m'a demandé pendant dix ans pourquoi je ne faisais pas "The Voice". Que ce soit ma famille, des proches... Et là, je me suis dit, "si j'ai envie d'aller dans un truc important, qu'est-ce qu'il faut que je fasse ? Il faut que je fasse 'The Voice'". Et je me sentais prête, parce que ce que je ne dis pas non plus, c'est que pendant "Nouvelle Star", j'étais un bébé. Et quand je suis sortie de l'émission, l'après a été très dur. Autant l'émission a été incroyable, mais la redescente a été terrible. J'ai eu un moment où je n'avais plus du tout envie de chanter. Parce qu'en fait, je me suis retrouvée sans rien derrière, sans projet concret, dans le vide total. Et quand tu as 23 ans et que tu as vécu une exposition comme ça et qu'il ne se passe rien derrière, c'est très dur à vivre.
Et là, je n'avais pas du tout envie de revivre ça. C'était hors de question que je refasse une aventure si éprouvante pour que derrière, il ne se passe rien. Et maintenant je sais qu'après l'émission, je vais sortir des chansons. Moi, mon but, c'est de me servir de "The Voice" comme d'un tremplin.
Qu'avez-vous fait entre "Nouvelle Star" et "The Voice" ?
Quand tu sors d'une émission comme ça, ce n'est pas en claquant du doigt que ça se passe. J'ai eu plusieurs mois de battement où j'ai galéré. Mes parents, évidemment, ont toujours été là pour moi et j'ai eu une chance inouïe de les avoir. Mais je n'ai pas vécu de la musique du jour au lendemain. Comme j'avais une petite notoriété on m'a appelée pour faire des événements et on pense à toi pour venir chanter dans des lieux un peu prestigieux. Mais ce n'est pas juste une date qui change la donne. Donc, j'ai chanté dans des bars, j'ai fait des événements privés... Je suis contente de l'avoir fait mais ce n'est pas le sens de ma vie. Quand on fait de la musique et qu'on a des choses à raconter, on a envie que ce soit pour un public et pas pour des événements privés. Mais c'est ce que j'ai fait en sortant de l'émission, j'ai bossé avec un orchestre et j'ai fait un peu d'événementiel, mais j'ai très vite eu des problèmes de voix. J'ai fait une dépression qui a été assez conséquente et ça a duré jusqu'à ce que je rencontre une équipe avec qui j'ai bossé pour l'Eurovision en 2018, puis j'ai enchaîné avec la tournée d'Amel Bent en 2019. J'ai quand même eu presqu'un un et demi de gros down derrière "Nouvelle Star".
En parlant d'Amel Bent, devenue votre amie, saviez-vous qu'elle serait coach dans cette 15e saison ?
Amel ne devait pas du tout être dans le jury. Donc, c'est pour ça que j'ai fini par me dire : "Ok, cette année j'y vais". Parce que ça faisait un moment que j'en parlais avec les casteurs. Mais comme Amel était dans le jury, pour moi, c'était hors de question de faire l'émission en connaissant quelqu'un sur le fauteuil. C'était impossible. Et la réalité, c'est qu'avant les auditions à l'aveugle, il y a évidemment des tours d'audition qu'on ne voit pas à la télé. Et après avoir passé ces mois de casting, j'apprends quelques semaines avant le tournage qu'Amel va être dans le jury. Et donc là, c'est hyper compliqué parce que je me suis dit : "J'ai fait tout ça pendant des mois pour finalement me dire je ne le fais pas". J'ai réfléchi, j'en ai beaucoup parlé avec la production, qui a été d'un grand soutien. Ils savaient que c'était important pour moi et m'ont dit : "De toute façon, ça ne peut pas te desservir. C'est-à-dire que si elle se retourne, c'est que tu mériteras ta place. Si elle ne se retourne pas, il y aura peut-être quelqu'un d'autre. C'est-à-dire que tu auras vraiment ton histoire". Et là, ce qu'il s'est passé, c'est merveilleux pour moi.
Vous n'avez pas eu un pincement au cœur quand même qu'elle ne vous reconnaisse pas après toutes ces années à travailler ensemble ?
Ça peut paraître fou c'est vrai. Mais je savais très bien qu'elle ne m'entendait pas chanter ce style de chanson-là à côté. Faire des chœurs (elle est également choriste pour Pierre Garnier, ndlr) et chanter en lead, c'est complètement différent. Ce ne sont pas les mêmes voix. Et c'est ça aussi qui fait la force de notre métier. C'est qu'on peut s'adapter à plusieurs cas de figure et puis là, il y a le facteur stress qui se rajoute. Je chante quelque chose qu'elle n'a jamais entendu, c'est de l'anglais... Il y a plein de facteurs qui font que tu ne reconnais pas et puis, il ne faut pas oublier qu'elle n'a pas mon visage devant. Donc, elle entend comme les autres une voix stressée qui chante sur un plateau.
Justement, comment expliquez-vous ce stress que l'on voit d'ailleurs à l'antenne, après 10 ans de métier et l'expérience "Nouvelle Star" ?
Il y a plusieurs choses. La première, c'est que j'ai 33 ans et ce n'est pas le même enjeu. J'ai une petite carrière avant, je bosse déjà dans la musique, je gagne ma vie avec ça. Donc là, d'arriver et de faire une espèce de remise à zéro, c'est hyper stressant parce que tu te mets à nu devant des gens que tu connais pour la plupart parce que dans le milieu, on se connaît tous. Donc il faut justifier le fait qu'à 33 ans, tu te dises voilà, je vais faire cette émission, alors que ça fait dix ans que j'aurais pu la faire et que je ne la fais pas. Et si ça ne se retournait pas, ça aurait été la honte. J'aurais été hyper triste, frustrée. Il y a un peu ce truc de dernière chance aussi. Je n'ai plus 20 ans. Évidemment j'ai des années devant moi pour faire de la musique mais là, je sais que c'est un tournant à prendre. C'est maintenant.
Finalement, Lara Fabian et Florent Pagny se sont retournés sur votre reprise de "Good Luck, Babe" de Chappell Roan (cover depuis sortie sur les plateformes, ndlr). Et alors que Lara Fabian avait presque commencé son coaching avec vous, vous choisissez de rejoindre l'équipe de Florent Pagny. Pourquoi ?
En voyant l'émission, je comprends qu'on se pose la question. Mais depuis que je suis toute petite, j'ai un instinct qui me guide constamment. Si j'écoute mon cœur, en général, ça se passe bien. Si je ne l'écoute pas et que je ne fais pas ce que mon instinct me dit, ça ne se passe pas vraiment comme je veux. Déjà, Florent est la première personne à se retourner, et c'est le premier visage que j'ai vu donc il y a eu cette connexion-là. Et il a un truc dans le sourire. Je crois que ce moment n'apparaît pas à l'antenne mais il m'a dit dans son débrief : "On entend qu'il y a quelque chose derrière donc on ne peut pas ne pas se retourner". Et en fait, cette phrase, elle a fait switcher mon cœur. Je respecte un milliard de fois Lara Fabian et c'est un honneur d'avoir eu des conseils de sa part mais avec Florent, il y a eu un truc où je me suis dit : "Ta place, elle est là-bas".
La semaine prochaine, place aux "Performances", une nouvelle étape où les talents ont carte blanche pour créer le tableau de leurs rêves. Est-ce que c'est une source de stress de devoir tout concevoir de A à Z ou une opportunité de montrer son univers ?
Les deux. C'est une source de stress parce que forcément l'idée vient de nous donc il faut que ça plaise aux gens, il faut que ça parle, il faut que ce soit beau, qu'on s'en rappelle. Et j'ai envie de vraiment prendre au mot le mot "performance". Et d'un autre côté, c'est génial d'avoir cette liberté artistique de faire ce qu'on a envie de faire et d'avoir les moyens de le faire. On a la production derrière et on va pouvoir avoir un vrai moment de télévision qui nous ressemble. C'est une chance énorme car il y a peu d'émissions qui font ça pour les jeunes d'artistes.
Florent Pagny vous a-t-il aiguillé dans cet exercice ? Quel a été son rôle ?
Il ne m'a pas donné son avis artistique mais par contre, il m'a donné des conseils au moment de savoir ce que j'allais chanter. Et il m'a aidée à lâcher prise et à me faire confiance parce que j'ai choisi une chanson qui demande beaucoup de confiance et d'assurance. Il m'a aidée à vraiment me dire : "Ok, si je décide de faire ça, c'est parce que je sais que je peux le faire et ça va aller". Et en fait, il m'a rassurée. Il m'a dit : "Il faut que toi, tu aies confiance en toi et c'est là que ça va marcher".

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