La ministre de la Culture, Catherine Pégard, a mis en garde vendredi contre "la chasse aux sorcières" après l'opposition du personnel du groupe public Radio France à l'arrivée de Charles Sapin, un responsable du magazine Valeurs actuelles comme éditorialiste sur France Inter. "Le procès d'intention c'est quand même assez désagréable, la chasse aux sorcières c'est toujours désagréable et je pense que si on a choisi ce chroniqueur, il faut entendre ses propos", qui ne doivent être "ni des propos de haine, ni des propos de combat politique", a déclaré la ministre sur RTL.
"La maison de France Inter doit être ouverte (...). Les éditorialistes sont là pour exprimer une opinion, la leur, pas celle forcément des journaux dans lesquels ils travaillent", a-t-elle ajouté. "J'observe que ce pluralisme est respecté dans la rentrée de France Inter", a-t-elle estimé, en jugeant que "pendant cette année électorale, il doit y avoir du débat". Puremedias vous propose de retrouver son interview dans la vidéo ci-dessus.
France Inter, radio leader d'audience en France, est en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée de Charles Sapin, nouveau directeur adjoint de la rédaction du magazine Valeurs actuelles, pour un édito politique chaque dimanche. L'intersyndicale du groupe public Radio France, dont France Inter fait partie, a déposé un préavis de grève pour les dimanche 13 et lundi 14 septembre, demandant le retrait de sa chronique. Dans une motion adoptée à l'unanimité mercredi, les personnels de Radio France ont dit leur "refus catégorique" de l'arrivée de M. Sapin à l'antenne, en jugeant que son magazine portait des valeurs non "compatibles" avec celles du groupe public. La direction, elle, justifie cette décision au nom du pluralisme. Jeudi, lors de la conférence de presse de rentrée de Radio France, sa présidente, Sibyle Veil, a assumé donner la parole à "des gens qui ne pensent pas la même chose".
"Valeurs actuelles", magazine qui se revendique conservateur, a été plusieurs fois condamné en justice, notamment en 2021 quand il avait dépeint en esclave l'élue LFI noire Danièle Obono. Il était dirigé à l'époque par Geoffroy Lejeune, passé depuis au Journal du dimanche (JDD). Le sujet du pluralisme de l'audiovisuel public est devenu brûlant depuis la rentrée 2025. Les accusations de partialité en faveur de la gauche ont motivé l'an dernier la création d'une commission d'enquête parlementaire par l'UDR, parti allié au RN.