CNews écarte Karim Zéribi jusqu'à la fin de la campagne présidentielle

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CNews écarte Karim Zéribi jusqu'à la fin de la campagne présidentielle
Par Ludovic Galtier Journaliste
Né en Isère entre le tirage de la première boule noire de l'histoire de "Motus" - "Oh-ohohohoh" - et la première visite de candidats à "Fort Boyard", Ludovic Galtier est journaliste à Puremédias depuis octobre 2021. Il est passionné par la politique, l'économie des médias et leur stratégie de programmation.
Karim Zéribi sur le plateau de "Punchline" sur CNews.
La chaîne a pris cette décision au lendemain d'un dîner pro-Macron auquel le chroniqueur a participé, révèle "Médiapart".

Karim Zéribi interdit de plateau sur CNews... jusqu'au lendemain du second tour de la présidentielle. Selon une information révélée ce jeudi par "Médiapart", le chroniqueur de la chaîne du groupe Canal+ a été mis en retrait après sa participation à un dîner de soutien au président-candidat, Emmanuel Macron. La décision de la chaîne du groupe de Vincent Bolloré n'a pas tardé à tomber. L'ancien eurodéputé écologiste et ex-conseiller municipal de Marseille, intervenant régulier dans "Punchline", a été prévenu mercredi, au lendemain du dîner organisé mardi soir à la Grande Mosquée de Paris.

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Une "décision d'un commun accord"

Contacté par le site d'investigation, Karim Zéribi réfute la moindre pression de la chaîne et parle d'une "décision d'un commun accord". "J'estime que c'est préférable que je me retire de l'antenne à quelques jours d'un second tour et alors que j'ai pris des positions partisanes". "L'Arcom (nouveau nom du CSA, ndlr) est très stricte là-dessus (sur l'égalité des temps de parole, ndlr)", a-t-il ajouté.

Si le chroniqueur a bien participé à ce dîner - il était installé en face du président du groupe LREM à l'Assemblée et ancien ministre de l'Intérieur Christophe Castaner - il n'a jamais appelé publiquement à voter pour Emmanuel Macron. Aussi, l'Arcom confirme à "Médiapart" que Karim Zéribi n'est "pas considéré comme un soutien". Son temps de parole n'aurait donc pas été décompté. "Est considérée comme soutien toute personne qui appelle explicitement à voter en faveur d'un candidat", ajoute le régulateur.

Cette semaine, C8 a tranché - en public cette fois - le sort des chroniqueurs de "Touche pas à mon poste", Bernard Montiel et Delphine Wespiser. Ces derniers, sans appeler directement à voter pour Emmanuel Macron pour le premier et Marine Le Pen pour la deuxième, ont également donné des indications, de par leurs interventions en plateau, sur le bulletin qu'ils envisagent de déposer dans l'urne le 24 avril.

L'un comme l'autre sont privés d'antenne jusqu'au lendemain du second tour. "Des règles assez complexes nous ont obligés à ne pas avoir Delphine et Bernard comme chroniqueurs jusqu'à dimanche. Pour rappel, nous sommes soumis à une stricte égalité de temps de parole entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Le problème est que Delphine et Bernard ont donné leur avis donc la chaîne nous conseille de les écarter jusqu'au second tour", a expliqué Cyril Hanouna ce mercredi 20 avril.

"Les invités de droite et d'extrême-droite" surreprésentés

À quelques heures de la fin de la campagne, la direction du groupe Canal+ deviendrait-elle subitement tatillonne au point de convoquer des règles qui ne sont pas imposées par l'Arcom ? Tout au long de la campagne pourtant, CNews, rampe de lancement d'Éric Zemmour dans sa course à l'Élysée, avait été moins regardante sur les prises de position de ses chroniqueurs et invités.

Reporters sans frontières (RSF) a saisi, le 13 avril dernier, le Conseil d'État contre "l'inaction de l'Arcom face aux manquements de CNews", notamment sur le pluralisme. Ce recours a été accompagné d'une étude récente produite par le sémiologue François Jost. Celle-ci démontre qu'entre le 31 janvier et le 4 février 2022, "alors que les invités de gauche représentent 10% et ceux de LREM 4%, les invités de droite et d'extrême droite représentent plus des 3/4 des présences en plateau (78%)".

Dans cette même période, l'Arcom avait déploré la "surexposition de Reconquête", le parti d'Eric Zemmour, sur C8. Elle avait ainsi demandé aux responsables de la chaîne "de veiller à une meilleure application du principe de pluralisme".

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