Ses excuses répétées en direct n’auront pas suffi à éviter les remontrances de sa direction. Alix Bouihaguet fait l’objet d’une "procédure disciplinaire" après avoir notamment tenu des propos litigieux sur Jean-Luc Mélenchon, a appris l’AFP et "Le Parisien", vendredi, auprès de France Télévisions. L'éditorialiste politique de Franceinfo a été convoquée à un entretien par la direction de l’information du groupe public pour se défendre de ses erreurs commises à l'antenne ces derniers mois. La nature de la "mesure" envisagée n'a en revanche pas été précisée. Contactée par les deux médias, la mise en cause n’a pas encore réagi à la démarche de son employeur.
Alix Bouihaguet s’est distinguée ces derniers mois au cours de deux séquences qui ont fait polémique. Elle avait affirmé dans sa chronique du 21 octobre que le leader de la France Insoumise n'avait pas "condamné les violences du 17 octobre, ni les pillages, ni les dégradations de bâtiments publics comme la mairie de Limoges". Or, cette information s'est avérée fausse puisque le futur candidat à la présidentielle, "sous le choc des images", avait rapidement pris ses distances avec ces scènes de vandalisme. Face aux vives critiques des responsables politiques et à la menace d'une sanction de l'Arcom, la journaliste s’était résignée à un mea culpa des l’après-midi de sa sortie controversée. "En affirmant que Jean-Luc Mélenchon n’avait pas nettement condamné les pillages du 17 octobre et l’incendie de la mairie de Limoges, j’ai commis une erreur. Je tiens à présenter mes excuses", avait-elle écrit sur X avant de renouveler son acte de contrition à l’antenne, le lendemain matin.
Un autre passage avec Alix Bouihaguet avait fait l'objet d'une mise en demeure de l'Arcom en avril dernier. Le gendarme de l'audiovisuel avait jugé que FranceInfo et France Inter avaient manqué à leurs obligations en matière "d’honnêteté et de rigueur dans la présentation et le traitement de l’information" au cours d’une interview de Manuel Bompard, coordinateur LFI. Au moins trois allégations de l'éditorialiste de "Questions politiques" ont été considérées comme factuellement fausses ou imprécises. Après plusieurs jours de battement, elle avait reconnu "des formules imprécises et parfois inexactes" et s'en était excusée en direct. Mais, l'autorité de régulation avait jugé cette rectification trop tardive. "Les allégations en cause auraient dû, au vu de la gravité et de la sensibilité du sujet, d’une part être immédiatement complétées voire corrigées par l’éditeur et, d’autre part, faire l’objet par la suite d’une réaction à l’antenne plus marquée", notait-il au moment de trancher sur ce dossier.