"Je crois vraiment que vous vous êtes trompée dans votre question". Invité de "Questions politiques" sur les antennes de France Inter et Franceinfo, ce dimanche 9 novembre, Manu Bompard a dû répondre à un débat portant sur l’élection de Zohran Mamdani à New York, saluée par la gauche et son parti. "Il est ouvertement pro-palestinien et il a repris en son temps un slogan, le slogan mondialiser l’intifada, en clair faire la guerre aux juifs partout dans le monde. Et quand on lui demande de condamner le 7 octobre et bien souvent il botte en touche et répète que le problème c’est l’occupation d’Israël. Est-ce que ça ça ne vous choque pas ?, lui a demandé la journaliste Alix Bouilhaguet. Sans sortir de ses gonds mais en recadrant fermement son interlocutrice, le coordinateur national de La France insoumise a corrigé en direct les "fausses informations" avancées. "Pardon madame de vous le dire, mais je crois que vous êtes ici pour informer les gens et pas les désinformer. Et là en l’occurrence, par votre question, vous les désinformez", a rétorqué l’élu de LFI.
La séquence, relayée par l’homme politique et reprise par plusieurs internautes sur X, a suscité une vive polémique. Ce pourquoi, 24 heures après cette émission, le parti politique piloté par Jean-Luc Mélenchon a décidé de saisir l’Arcom mais aussi le Syndicat national des journalistes, la Société des journalistes (SDJ) de France Télévisions, la Société des journalistes de France Inter, la médiatrice de Radio France. "À plusieurs reprises au cours de cet entretien, la journaliste a tenu des affirmations factuellement fausses, que Manuel Bompard a dû corriger en direct", accuse LFI dans son communiqué. "Ces erreurs répétées ont conduit à diffuser de fausses informations auprès du public, ce qui contrevient gravement aux règles élémentaires de déontologie journalistique qui s’imposent au service public de l’audiovisuel".
La suite de la charge contre l'auteure de cette question erronée est toute aussi sévère. "Sur l’expression globalisation de l’intifada, Madame Bouilhaguet a affirmé que le maire de New York aurait repris cette expression à son compte, alors qu’il a explicitement déclaré ne pas l’utiliser. Elle a ensuite soutenu, à tort, que Zohran Mandani, élu new-yorkais, n’aurait pas condamné les attaques du 7 octobre", peut-on également lire. Dernier argument énoncé : "Enfin, elle a mis en cause le fait que cet élu lève des fonds pour l’UNRWA, déclarant : Une information exacte, il lève des fonds pour l’UNRWA, c’est une agence onusienne accusée de collusion avec le Hamas, ça c’est pas un problème aussi. Une telle formulation revient à reprendre à son compte une campagne de désinformation menée depuis des mois pour décrédibiliser une agence des Nations Unies. Or, la Cour internationale de justice a récemment confirmé qu’Israël n’avait apporté aucune preuve de ces accusations, et rappelé qu’en tant que puissance occupante, il devait au contraire faciliter la livraison d’aide humanitaire aux Palestiniens".
En juin dernier, Manu Bompard avait déjà fustigé une question des journalistes de la même émission. "Franchement, je ne pensais pas qu'ici, sur France Inter, on aurait les polémiques de la Bollorésphère", avait-il lancé à Carine Bécard, agacé par sa formulation autour de la langue créole. Face à l'insistance de son hôte, qui maintenait les déclarations de Jean-Luc Mélenchon à ce sujet, le député avait perdu ses nerfs et dénoncé une récupération politique : "La langue française est une créolisation, elle a évolué (...) je ne sais pas pourquoi vous essayez d'en faire une polémique, quel message vous essayez de passer aux gens (...) Je suis surpris que vous le repreniez parce que j'ai vu surtout des réseaux d'extrême droite venir chercher à créer une polémique sur ce sujet qui honnêtement ne le mérite pas." Un agacement qui ne l'a pas empêché de revenir sur le plateau de "Questions politiques" quelques mois plus tard.

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