Chaque création de Ryan Murphy suscite un grand effet de curiosité. Avec le showrunner hyperactif, auteur de "Nip/Tuck", "Glee" ou "American Horror Story", les sérivores sont gâtés et parfois fascinés par son univers pop, gore et son goût assumé pour le guignolesque. "All's fair", pourtant dézinguée par la presse cet automne, s’est hissée directement à la première place du classement des audiences de Disney+. Qu'en est-t-il avec sa dernière fiction, baptisée "The Beauty" et disponible sur la plafeforme depuis le 22 janvier ? 72 heures après sa mise en ligne, la série racontant l’histoire d’un virus sexuellement transmissible qui rend ses victimes sublimes avant de les tuer marche sur les traces de sa devancière. D'après les chiffres de "Flixpatrol", elle a en effet pris le leadership des contenus les plus du moment dans 57 pays, dont la France, la Grande-Bretagne ou encore le Panama, preuve de son rayonnement à l'international.
Les abonnés de la plateforme américaine se sont rués sur les trois premiers des onze épisodes de ce polar à la sauce Murphy, c'est à dire glaçant. Un duo d’agents du FBI (Evan Peters et Rebecca Hall) mène l’enquête sur cette épidémie dévastatrice pendant qu’un milliardaire narcissique, joué par Ashton Kutcher, essaye d’en tirer profit et que son homme de main (Anthony Ramos) élimine les contaminés. Comme d'habitude avec le réalisateur compulsif, un casting cinq étoiles vient donner de la profondeur à l'intrigue de cette satire sur les diktats de la beauté. Fidèle à son habitude de travailler en troupe, Ryan Murphy fait revenir des visages familiers : Evan Peters bien sûr, qui après avoir incarné Jeffrey Dahmer dans "Monster" avec une intensité frissonnante, mais aussi Jeremy Pope ("Hollywood"). Il convoque également aussi de nouveaux talents : Rebecca Hall ("Vicky Cristina Barcelona"), Isabella Rossellini, Ashton Kutcher dans un contre-emploi fascinant, Anthony Ramos ("En analyse", "Twisters"), et même Bella Hadid après des apparitions dans des séries comme "Ramy" et "Yellowstone".
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Visuellement, "The Beauty" porte la patte reconnaissable de son créateur. Mais la critique est divisée selon le pays où la plume a été couchée sur du papier. En France, rares sont les avis positifs. BFMTV pointe "une série horrifique qui cultive le vide et la superficialité", "Le Parisien" la dépeint comme "un carnage" et "Le Monde" regrette son côté "Grand-guignol et superficiel". Enfin, selon "Les Inrocks", "Ryan Murphy se prend les pieds dans le tapis de la mode".
En revanche, les journalistes experts de la presse anglo-saxonne semblent avoir visionné une autre fiction. Pour le "Times Magazine", "The Beauty est une série très divertissante et étonnamment intelligente". "The Guardian" est tout aussi enthousiaste et parle d’un triomphe, affirmant que Ryan Murphy est "de retour à son meilleur niveau". "Variety" essaie de retenir le verre à moitié plein en évoquant un show "pas parfait" mais qui "reste un plaisir". Des appréciations loin d'être aussi peu recommandables que celles qui avaient accompagné "All's fair" du même scénariste.

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