Une semaine avant sa diffusion sur France 2, les utilisateurs de la plateforme France.tv peuvent d'ores et déjà découvrir "Des Vivants", la mini-série événement de cette fin d'année 2025. Composée de huit épisodes, cette fiction raconte les attentats du 13 novembre 2025, à travers l'histoire de sept survivants du Bataclan. Après s'être intéressé à la traque de Dino Scala dans "Sambre", le réalisateur Jean-Xavier De Lestrade s'attaque cette fois-ci à un autre sujet épineux : la lente reconstruction d'un groupe d’otages devenus amis après avoir échappé au pire dans les couloirs de la salle de spectacle parisienne. Pour le tournage, plusieurs scènes ont été filmées au sein même du Bataclan. Une initiative qui a "suscité une émotion énorme" parmi les rescapés et les familles des victimes, en raison notamment de la confusion de la frontière entre réalité et fiction.
Interrogé sur la polémique dans "Culture médias", le cinéaste a expliqué les raisons qui l'ont conduit à tourner dans la salle francilienne endeuillée. "Ça me paraissait impossible de tourner ailleurs qu'au Bataclan parce qu'on a tous des images et un imaginaire lié à la salle", a-t-il indiqué, ajoutant avoir voulu respecter une volonté des victimes associées à son projet. "C'était presque une demande des "Potages" (contraction entre potes et otages, ndlr) eux-mêmes, qui ont dit que l'on avait fait un travail si précis sur ceux qu'ils ont vécu qu'ils souhaitaient que cela soit tourné dans le lieu où ces faits se sont passés".
Jean-Xavier De Lestrade a également avancé un autre argument au micro d'Europe 1 pour défendre son travail. "C'était aussi une manière de faire rentrer le réel dans la série. Et là, d'avoir à un moment, la vraie salle du Bataclan avec des comédiens, ça me paraissait hyper important de montrer une transparence aux téléspectateurs et de leur dire qu'on ne triche pas avec eux. Je pense aussi que c'était rendre un hommage aux gens qui ont été tués", a poursuivi et conclu celui qui a fait appel à un casting cinq étoiles pour sa production.
Le réalisateur retrouve ainsi Alix Poisson, qu'il a dirigé dans "Sambre" et qui incarne l'une des sept rescapées. Son mari à l’écran est campé par Benjamin Lavernhe, futur maître de cérémonie des César, alors que Antoine Reinartz ("Anatomie d'une chute") ou encore Félix Moati ("Le Grand Bain") figurent également à l'affiche de la série. Ces acteurs ont pu exercer leur profession grâce à l'accord tacite passé entre les vraies victimes et l'homme oscarisé en 2002 pour son documentaire "Un coupable idéal". "Le scénario est vraiment écrit à partir du récit. On a recueilli leur témoignage, on a écrit directement à partir de ce récit." a souligné Jean-Xavier de Lestrade, soucieux d'être au plus proche du réel. Il précise, par ailleurs, qu'il s'agit de leurs vrais prénoms, "acceptant de se mettre à nu". "C'est un cadeau assez incroyable qu'ils nous on fait", admet-il. Tous ont pu voir en avant-première la fiction mettant en scène leur histoire, et sont sortis "presque allégés" à la sortie de la séance. Une trace de leur drame est désormais visible sur écran.

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